Les opposants à la ligne Très Haute Tension (400.000 volts) Normandie-Maine ne désarment pas, même en plein été.
Hasard du calendrier, deux initiatives ont été entreprises la semaine dernière pour rappeler au bon souvenir des gouvernants et des responsables de Réseau de Transport d'Electricité (ci-après RTE) que la future ligne THT qui doit relier la centrale EPR, en cours de construction à Flamanville, à la Mayenne ne fait pas l'unanimité, loin de là.

La première action a été entreprise par le GANVA, acronyme de Groupe d'Actions Non Violentes Antinucléaires samedi 11 juillet dernier.
Trois militants de ce groupe ont occupé dans la matinée un pylône THT à Cametours (50) en bordure de la route départementale Coutances-Saint-Lô. Cametours a été choisie car elle sera traversée par une deuxième ligne THT sur sa commune, la Normandie-Maine, et pour la visibilité et la communication de l'action. Chose réussie, voire la vidéo en fin de billet.
Les militants anti-nucléaire s'étaient déjà fait remarquer le 1er juillet en s'enchaînant sur la ligne SNCF à Tournières (14) pour s'opposer au passage d'un convoi de déchets nucléaires italiens à destination du centre de retraitement de la Hague.
L'occupation du pylône a pris fin à la tombée de la nuit sans heurt avec les forces de l'ordre.

L'autre initiative, moins spectaculaire, est à mettre au profit des parlementaires (1) dont les circonscriptions sont concernées par la ligne THT Normandie-Maine.
Ces élus ont été reçus jeudi 10 juillet à Paris par Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'aménagement du territoire en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet (aka NKM) secrétaire d'Etat à l'écologie et du président de Réseau de Transport d'Electricité (Dominique Maillard?) gestionnaire de la future ligne THT.
Le quotidien Ouest-France daté du 14 juillet donnent quelques informations de cette rencontre (extraits vraisemblablement d'un communiqué de presse) 
« Plusieurs scenarios d'améliorations du projet et du programme d'accompagnement et d'insertion environnementale ont été débattus à cette occasion. (...) [Il a été] demandé à RTE de veiller à ce que les interrogations liées à la santé, exprimées par les élus et les populations, soient examinées de manière très approfondie dans le dossier qui sera présenté à l'enquête publique au second semestre 2008, et que des mesures appropriées soient prises. (...) [Il a été] convenu d'organiser une réunion avec les élus locaux concernés au mois de septembre. »
Le quotidien précise que NKM devrait se déplacer dans le département de la Manche.
On commençait à ne plus y croire.
Le député du sud-Manche Guénhaël Huet avait annoncé fièrement le jeudi 28 mai 2008 à l'occasion d'un débat public sur la ligne THT à Saint-Hilaire-du-Harcouët la visite de NKM dans le sud-Manche pour la fin juin. Jamais venue. Enfin à ma connaissance.
Alors nombreux sont ceux qui ont dit ou pensé très fort (moi le premier), « tiens le député Huet, il nous refait le coup de Rachida Dati ! », ministre de la Justice que les avranchinais attendent toujours, après l'annonce de la fermeture de son Tribunal de Grande Instance d'Avranches.
A suivre.

La réunion publique de Saint-Hilaire-du-Harcouët devait faire l'objet d'un compte-rendu exaustif sur ce blog.100_8691 Devait, car faute de temps, cela n'a pu se faire. Je profite de ce billet pour rappeler brièvement les éléments les plus marquants.
Environ 600 personnes étaient présentes à la réunion d'information sur la future ligne THT Normandie-Maine initiée par les députés (UMP) de la Manche Guénhaël Huet et de la Mayenne Yannick Favennec. En invité d'honneur le député des Bouches du Rhône Christian Kert, auteur d'un rapport 100_8695parlementaire sur la question de l'enfouissement des lignes THT.
Contredisant point par point l'argumentation de RTE, Christian Kert (photo à droite) a démontré qu'il était possible d'enfouir techniquement les lignes très haute tension, que le coût de l'enfouissement n'est pas si prohibitif et qu'in fine le bilan coût/avantage était favorable à l'enfouissement.
Le débat qui a suivi a été l'occasion pour le public de s'exprimer. Opposition à l'EPR et à la THT pour des raisons idéologiques, inquiétude des effets nocifs de la ligne aérienne sur la santé des populations, problèmes environnementaux, défiguration des paysages par les pylônes et les lignes, absence d'écoute de RTE... sont les thèmes abordés au cours de cette séquence.
Des critiques ont fusé à destination de certains parlementaires présents. Particulièrement visé le député Guénhaël Huet. Un militant anti THT du Teilleul lui a reproché de prendre la posture de victime sur ce dossier, alors qu'il a été favorable et a voté à l'époque dans ce sens au Conseil Général (en tant que conseiller général d'Avranches) pour accueillir dans le département la future centrale EPR, source de toutes les inquiétudes. Pas de réponse de l'intéressé. Question suivante.
En conclusion de la réunion, les parlementaires UMP ont (r)assuré l'assistance qu'il était possible de faire plier RTE, d'obtenir l'enfouissement partiel de la ligne THT mais à condition d'être solidaire alors ...
« tous ensemble, tous ensemble ouaih, ouaih »

(1) le quotidien local ne donne aucun nom de parlementaires. Au jeu des pronostics : les députés Guénhaël Huet, Philippe Gosselin (Manche), Yannick Favennec (Mayenne), le sénateur Jean Bizet (Manche).
Les noms des parlementaires réellement présents à la réunion ministérielle seront prochainement mis à jour.
L'hebdomadaire La Gazette de la Manche daté du 16 juillet donne des noms. Des parlementaires manchois cités et présents, manquaient les députés Alain Cousin (Coutances-Granville) et Claude Gatignol (Valognes). Par ailleurs c'est bien Dominique Maillard qui représentait RTE à cette réunion. [Mise à jour vendredi 18 juillet 2008]


vidéo : occupation d'un pylône THT à Cametours par des militants anti-nucléaires (source France 3 Basse-Normandie)


action estivale contre la ligne THT Normandie-Maine
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