IMGP1847La future ligne Très Haute Tension (400.000 volts) «Cotentin-Maine» (*) fait toujours débat.
Elle doit acheminer l'électricité produite par la centrale EPR actuellement en construction à Flamanville (50) vers Beaulieu-sur-Odon (53) où elle se raccordera à une autre ligne THT existante.
Depuis des mois, population et élus se mobilisent contre cette ligne. L'abandon ou l'enterrement de la ligne étant sans espoir, la contestation porte sur son tracé et sa dangerosité.
La ligne passe trop près (moins de 300m) des habitations et des exploitations agricoles.
Non sans danger sur la santé des habitants et des animaux.
Une enquête sur ce sujet a été faite par le CRIIREM à la demande de la coordination interrégionale anti-THT. Les résultats montrent que les conditions de vie sont détériorées près d'une ligne THT; résultats (naturellement) contestés par RTE (Réseau de Transport d'Electricité), organisme gestionnaire de la la ligne THT.
C'est pourquoi les opposants réclament de l'Etat une étude poussée et indépendante pour faire la lumière sur la dangerosité ou non des lignes THT sur les riverains.

C'est tout le sens de la manifestation qui s'est déroulée cet après-midi à Mortain, localité à l'est du sud-Manche.
Environ 4000 opposants et élus (**) se sont retrouvés à l'initiative de la coordination interrégioniale «stop THT» pour exiger «un moratoire sur le projet de ligne Très Haute», mettant en avant le danger des lignes THT situées trop proches des habitations.
Après une marche de 2 km entre le Neufbourg et Mortain, la manifestation s'est fixée place du Château où différents intervenants (dont Jean-Claude Bossard, maire du Chefresne) ont pris la parole.
Le moment fort aura été la lecture d'un texte adressé par un couple d'agriculteurs de Corrèze dont la vie a basculée depuis qu'une ligne THT s'est installée à proximité de leur ferme.

Cette manifestation intervient deux jours après l'annonce officielle de la construction du second réacteur de type EPR à Penly (76) où il existe déjà deux centrales nucléaires classiques. Contrairement à Flamanville, la future centrale en Seine-Maritime ne nécessitera pas la construction d'une ligne THT supplémentaire, celle existante étant de capacité suffisante.


(*) la ligne Cotentin-Maine, d'une longueur de 160km environ, doit traverser 64 communes sur quatre départements : la Manche (44 communes), le Calvados (1), l'Ille-et-Vilaine (5) et la Mayenne (14).
(**) une quarantaine d'élus étaient présents notamment le député de la circonscription Guénhaël Huet. Certains rappellent l'attitude contradictoire de ce parlementaire sur ce dossier. Il a voté, il y a quelques années au Conseil Général, pour l'implantation du réacteur EPR, source actuellement de tous les maux. Depuis il est en première ligne pour la critiquer ... Comment expliquer ce grand écart? Opportunisme? stratégie politicienne? ...


sites internet d'informations :
coordination interrégionale stop-THT
RTE - projet Cotentin-Maine



vidéos :
résumé de la manifestation sur France 3 Basse-Normandie (samedi 31 janvier 2009, édition du soir)


manifestation anti-THT à Mortain (50) samedi 31 janvier 2009
envoyé par francois50300

le défilé

les prises de parole place du Château dont la lecture de la lettre d'un couple d'agriculteurs corréziens