IMGP3358Tracteurs interdisant l'accès aux grandes surfaces, automobilistes médusé(e)s recherchant désespèremment un supermarché ouvert pour faire les classiques courses du WE.
La situation était confuse aujourd'hui à Avranches.

La faute aux producteurs laitiers de la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats des Exploitants Agricoles) et JA (Jeunes Agriculteurs).
Depuis plus d'une semaine, ces derniers mènent des actions partout en France pour contester la baisse imposée du prix du lait.

IMGP3359«Et cela n'est qu'un début», précise Patrick Carnet (photo à droite), responsable/coordinateur de la FDSEA/FA et exploitant laitier à St Laurent-de-Terregatte rencontré cet après-midi à l'entrée du centre Leclerc.
Le discours bien rôdé, il explique le mécontentement actuel.
«Depuis le mois d'avril les transformateurs [les laiteries, NDLR] paient aux agriculteurs 200€ la tonne [1000 litres] de lait, alors que le coût de revient est de 300€ la tonne, (...) les 100 euros en moins sont insupportables financièrement pour les exploitants laitiers». Il estime que sur la base d'une production annuelle de 650.000 litres de lait, le manque à gagner se chiffrerait aux alentours de 50.000 euros, «quelle entreprise peut supporter une telle perte?».
Le syndicaliste rappelle que le prix du lait était négocié entre les producteurs de lait et les transformateurs (industriels et coopératives).
Une disposition de la loi de modernisation de l'économie (LME) votée le 4 août 2008 a mis fin (aux privilèges) des négociations interprofessionnelles afin de promouvoir plus de concurrence.
Dorénavant, les transformateurs décident du prix du lait qu'ils achètent aux producteurs.

Seulement la baisse de prix imposée aux producteurs (0,30€ à 0,20€) ne se répercute pas sur le prix du litre vendu au consommateur qui reste à environ 0,86€/l.
«Les transformateurs et les distributeurs font des bénéfices sur le dos des agriculteurs». D'où l'action contre les grandes surfaces en empêchant les clients d'y faire leur courses; «on leur fait perdre ce qu'ils nous font perdre», c'est à dire du chiffre d'affaire.
D'après Patrick Carnet aucun supermarché du sud Manche n'est accessible ce week-end; ils sont soit fermés de leur "propres initiatives", soit bloqués par les agriculteurs pour les plus récalcitrants.

IMGP3362La crise laitière est prise très au sérieux par les politiques en national et en local.
De crainte que le mouvement ne se durcisse et pour contenir une catégorie socio-professionnelle plutôt proche de la majorité cela quelques semaines des élections européennes, le gouvernement a nommé deux médiateurs Philippe de Guénin, directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt des Pays de Loire et Pierre Lepetit, inspecteur général des finances, chargés "faciliter les discussions" sur les prix du lait entre les parties prenantes.

huet_paysansA Avranches, lundi 18 mai dernier le député-maire Guénhaël Huet a été interpellé par les producteurs laitiers (photo à droite / la Manche Libre). Ces derniers lui ont rappelé sur le perron de l'hôtel de ville qu'il a voté à l'Assemblée Nationale la LME, responsable de la situation actuelle. Le parlementaire a reconnu ce vote même s'il n'était pas d'accord avec tous les articles de cette loi.
Entre l'intérêt du monde agricole et la discipline du groupe parlementaire, en bon petit soldat, le choix a été vite fait.
Les producteurs laitiers peuvent être néanmoins rassurés : le député de la circonscription leur apporte son soutien moral. «Votre mouvement est légitime» aurait-il déclaré précisant que «les actions devraient se faire dans un cadre légal».
Si cette déclaration ne mange pas de pain, elle ne manque pas de sel.
Naturellement il s'agit de ménager les professionnels du lait en vue des prochaines échéances électorales et d'éviter des déversements de lisiers à la permanence parlementaire ou à la mairie. La question du respect du droit interpelle quand on constate son application par le maire d'Avranches (affaire de la caméra).
Pour être complet, le député Guénhaël Huet et le sénateur Jean Bizet ont publié un communiqué de presse commun. Les parlementaires locaux après avoir rappelé la problématique réclament d'une part la réunion de l'ensemble de la filière laitière et d'autre part le bilan de la LME et la modification de certaines de ses dispositions.

Pas de quoi satisfaire dans l'immédiat nos producteurs laitiers.
Patrick Carnet est catégorique : «il n'est pas question de cesser nos actions tant que le lait ne sera pas payé au minimum 300€ la tonne».
Le lait risque de bouillir encore quelques temps dans nos campagnes et dans nos villes ...


sites et liens internet utiles :

 


vidéos (sources France 3 Basse-Normandie / National)
1 - samedi 23 mai 2009


crise du lait : blocage des supermarchés par la FDSEA / FA
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2 - archives
mardi 19 mai 2009
France 3 Basse-Normandie


chute du prix du lait : manifestations paysannes à St-Lô
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France 3 édition nationale


baisse du prix du lait : la campagne se révolte
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