IMG_4423Deux millions d'euros, c'est le montant (provisoire?) des travaux qui seront engagés par la ville d'Avranches à la rénovation de la basilique Saint-Gervais.
Des travaux extérieurs et intérieurs plus importants et plus longs que prévus initialement.

La faute, en partie, à un champignon diabolique : le mérule, grand adorateur de bois dont il fait son festin principal. Et présent partout dans la basilique.
A l'occasion d'une visite sur les travaux de rénovation samedi dernier, Max Hurel, responsable des services techniques de la ville, a donné au public quelques précisions sur ce champignon : «Le mérule est un champignon qui se développe quand il fait sombre, humide et avec un peu de chaleur (entre 5° et 20°). Elle se présente sous forme de trace blanche sur le bois».
IMG_0587Conséquence. Le bois ravagé par le champignon est recouvert de pourriture dite cubique.
Le matériau naturel ne dispose plus d'aucune qualité de solidité et de soutènement.
C'est pourquoi il est nécessaire de remplacer le bois infecté et de traiter les murs pour éviter que le champignon ne réapparaisse et se propage sur les bois sains.

«La basilique Saint-Gervais fait partie du patrimoine de la ville» rappelle Guénhaël Huet, député-maire d'Avranches présent lors de la visite. L'édifice religieux appartient à la commune en application de IMG_0584la loi du 9 décembre 1905 consacrant la séparation de l'église et de l'Etat.
Le budget rénovation sera réparti sur trois exercices budgétaires : un million d'euros en 2010 et le reste sur les deux exercices suivants.
Les chiffres sont annoncées hors subventions. Ces dernières devraient représenter au maximum 20% selon l'élu. Elles seront apportées principalement par la région et par l'Etat. Le député-maire semble guère optimiste sur l'aide supplémentaire que pourrait apporter l'Etat après le passage du ministre de la culture Frédéric Mitterrand le 2 avril dernier : «avec la situation financière de l'Etat, tous les budget sont contractés».

«S'il n'y avait pas eu l'église Saint-Gervais, on aurait eu de réelles marges de manoeuvre cette année qui sont singulièrement réduites» précise M. Huet, poursuivant «Mais bon c'est la vie. Quand on a prévu chez soi de changer le frigo et que le toit tombe, on ne change pas le frigo ...».
Avec ces travaux supplémentaires, le retour du culte à la basilique n'est pas envisagé avant juin 2011.

Les avranchinais seront soulagés d'apprendre que les deux autres églises (Notre-Dame des Champs et Saint-Saturnin), en meilleur état, devraient être moins ruineuses en rénovation pour le budget de la ville.


vidéo : visite guidée animée par Max Hurel. En fin de séquence, présentation des travaux de restauration et de nettoyage des lustres par Radida Filssi, employée du Scriptorial, musée des manuscrits du Mont-Saint-Michel


François Groualle / avranches infos
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