Les opposants à la ligne THT Cotentin-Maine ne désarment pas.
Alors que RTE (Réseau de Transport d'Electricité) gestionnaire de la future ligne THT dit Cotentin-Maine érige les pylônes sur le tracé de 160 km pour acheminer l'électricité produite par la centrale EPR en cours de construction à Flamanville vers Beaulieu (53) où la ligne sera interconnectée, manifestations et actions se succèdent, engagées par les élus et associations.  
Chesfrene THT Jean-Claude Bossard juin 2012 interpellationLe tension est montée d'un cran ce matin (6 juin 2012).
Au Chefresne (50), 6 personnes dont le maire Jean-Claude Bossard (photo à droite) ont été interpellés par la forces de l'ordre pour entrave à la circulation sur la voie publique. 

cf. dépêche A.F.P. de ce jour :
Six opposants à la future ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, dont un maire, ont été placés mercredi en garde à vue après avoir tenté de bloquer les travaux de construction de la ligne au Chefresne (Manche), a-t-on appris auprès du parquet.

"Six personnes de 41 à 60 ans sont en garde à vue pour opposition à l'exécution de travaux d'utilité publique et entrave à la circulation sur la voie publique", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Coutances Renaud Gaudeul. Ils encourent deux ans d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Le maire du Chefresne Jean-Claude Bossard, à la tête de la coordination des élus opposés à la THT Cotentin-Maine et candidat Europe Ecologie les Verts aux régionales de 2010, fait partie des gardés à vue, a confirmé le parquet.

Au total "une bonne trentaine" de militants ont tenté mercredi matin d'empêcher des camions d'accéder au chantier de construction d'un pylône de la future THT, au Chefresne, selon les gendarmes.

"Ils ont été délogés" sans violence "au bout de deux heures" par les forces de l'ordre et les travaux ont pu avoir lieu, même s'ils ont démarré avec un peu de retard, a précisé le procureur.

Les opposants à la ligne se relaient depuis plus de deux mois dans un champ appartenant à M. Bossard au Chefresne pour organiser leur "résistance" aux travaux. Ils y ont construit des plateformes dans les arbres pour surveiller RTE, filiale d'EDF chargée de construire la ligne.

La THT Cotentin-Maine doit acheminer notamment l'électricité qui sera produite par le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche) prévu pour 2016. D'une longueur de 160 km, elle doit traverser également l'Ille-et-Vilaine, le Calvados et la Mayenne. 420 pylônes doivent être érigés.

Ses travaux ont démarré en début d'année pour une mise en service en 2013. Mais les opposants, qui redoutent des effets des ondes émises par ses lignes sur la santé, multiplient les actions de blocage.

La ville de Vitré (Ille-et-Vilaine), dirigée par l'ex-ministre Pierre Méhaignerie (UMP), a déposé en mai un recours en référé pour obtenir l'annulation d'un permis de construire de la ligne Cotentin-Maine dans ce département.

Parallèlement, le juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Caen a ordonné mercredi après-midi une double expertise, électrique et sanitaire, de l'exploitation d'un éleveur du Calvados qui reproche à une ligne THT de rendre ses vaches malades. Trois autres procédures sont annoncées dans la Manche.


vidéo : F3 Basse-Normandie , mercredi 6 juin 2012, édition 19h00