Richard Price anthropologue Sarama SurinamLa section d'Avranches de la Ligue des Droits de l'Homme et Continents Solidaires organise jeudi 30 mai 2013 à 20h30 à la salle Lenoël (place du Marché) une conférence sur la lutte du peuple Sarama contre l'Etat du Surinam.
Elle sera animée par l'anthropologue américain Richard Price, qui a écrit et publié un ouvrage sur ce sujet.

Les Saramaka sont un peuple d’Amérique du Sud, descendants d’esclaves africains auto-libérés dont la forêt est menacée. En se saisissant des instruments juridiques internationaux des Droits de l’Homme, ils tentent de protéger leur mode de vie. En 2007, la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a rendu en leur faveur un jugement qui fait jurisprudence.
Professeur émérite d’anthropologie, d’ "American Studies" et d’histoire, Richard Price est l’un des meilleurs spécialistes des sociétés afro-américaines. Auteur d’une vingtaine de livres et de nombreux articles, il a enseigné dans les universités Johns Hopkins, Yale, Stanford, ainsi qu’à Paris
Ce livre a obtenu plusieurs prix :
• 2012 Best Book Award of the American Political Science Association in the field of Human Rights
• 2012 Senior Book Prize of the American Ethnological Society

« Peuple Saramaka contre Etat du Suriname »
Combat pour la forêt et les droits de l’homme
Richard Price 2012
Collection Esclavage
IRD KARTHALA CIRESC

Richard Price anthropologue Sarama Surinam AvranchesRichard Price (photo à droite), anthropologue américain, a consacré sa vie aux populations afro américaines et surtout aux Marrons du Suriname. Il publie en 2012 la traduction française d’un ouvrage retraçant la condamnation du Suriname obtenue par les Saramakas devant la cour inter américaine des droits de l’homme en 2007.
Il y reprend trois affaires présentées devant cette juridiction pour la défense de la forêt tropicale que les Saramakas considèrent comme la leur depuis les traités de 1762 où les colons hollandais leur ont accordé leur liberté. Richard Price s’est engagé à leurs côtés en tant qu’expert. Il sait nous montrer les liens profonds que ce peuple entretient avec la forêt et ses lieux fondateurs de leur identité.
Or depuis les années 60 les Saramakas ont perdu plus de 60 % de leur territoire, noyé dans un barrage ou détruit par les compagnies forestières chinoises et les sociétés internationales exploitant l’or et la bauxite. La cour a demandé au Suriname de trouver le moyen juridique de donner à cette population des droits de propriété collective, de les dédommager financièrement pour les préjudices et de les consulter avant tout projet dit de développement.
Ce livre est une mine d’informations sur le droit des autochtones et des populations dites « tribales » selon les textes internationaux. C’est une histoire passionnante qui montre le succès d’un courageux combat collectif pour le Droit. L’état du Suriname s’exécute peu à peu mais ce combat concerne aussi la France, car plus du tiers des Saramakas vivent actuellement en Guyane où ils peuvent encore moins faire reconnaître leurs droits : la France refuse toujours de signer la convention 169 de l’OIT (qui seule reconnaît les droits collectifs) et ce territoire européen ne relève pas de la cour inter américaine des droits de l’homme. Comme d’autres Marrons de Guyane, ils connaissent des conditions de vie la plupart du temps indignes. La LDH soutient ce livre dont l’auteur est actuellement toujours « indésirable » au Suriname.
Il vient de recevoir le prix “Best Book for Human Rights” donné par l’Association Américaine de sciences politiques.
Publié dans la revue Hommes et Libertés n°160


François Groualle - avranches.infos
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