siège EPCI Communauté de communes Avranches Mont-Saint-Michel janvier 2014 rue général RuelLa presse locale, en quelques titres et sous-titres, ne pouvait pas mieux résumer l'enjeu de l'élection du futur président de la communauté de communes Avranches Mont-Saint-Michel
«L'élection du président de l'Intercom est le 3ème tour des municipales» sous-titre l'hebdomadaire la Manche Libre daté du 5 avril 2014.
«Pas de cohabitation possible» titre le concurrent la Gazette de la Manche daté du 9 avril.
«Une candidature qui fait jaser. La candidature de Guénhaël Huet à la présidence de la communauté de communes inquiète le nouveau maire» titre et sous titre le quotidien Ouest-France des 12-13 avril 2014.

Guénhaël Huet UMP élections municipales 2014 Avranches candidats maire campagneToute la question sera de savoir si, vendredi 18 avril 2014, la majorité des 82 délégués communautaires vont reconduire dans ses fonctions l'actuel président de l'Intercom Guénhaël Huet (photo à droite) aussi député UMP et conseiller municipal d'opposition à Avranches depuis sa défaite en mars dernier face à David Nicolas.
Une réélection de Guénhaël Huet à la tête de l'EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) que le nouveau maire d'Avranches ne désire pas.
Le 28 mars dernier, lors de sa prise de fonction es qualité de maire d'Avranches, David Nicolas déclarait :
Pour conclure, j’adresse un message à la communauté de communes.
Je souhaite que le changement de gouvernance à Avranches se prolonge demain à la communauté de communes.
Nous ne pouvons pas nous permettre de vivre une cohabitation pour le bien des Avranchinais et de tous les habitants du nouveau territoire Avranches Mont-Saint Michel.
Il faut effacer les anciens clivages à l’échelle de ce nouveau territoire.
Nous portons l’espoir d’une nouvelle dynamique, dans l’écoute de chacun des 82 futurs élus de ce nouveau territoire. Un nouveau chantier nous attend donc.
Avranches sera au centre de ce nouveau territoire et nous ne pouvons envisager une nouvelle mandature qui serait en conflit avec la présidence de la communauté de communes.
À l’image de l’échec de la gestion des déchets ; il faudra ouvrir dans la transparence de nombreux dossiers qui sont restés dans la plus parfaite opacité.

En conciliation avec l’ensemble de toutes les communes, nous ferons appel au bon sens normand nous choisirons les meilleures méthodes, collégialement, afin d’offrir le meilleur avenir possible à notre territoire.
(lire ici).

David Nicolas maire Avranches avril 2014Dans Ouest-France David Nicolas (photo à droite) conteste la légitimité de la candidature de Guénhaël Huet : «C'est la première fois que les conseillers communautaires sont élus au suffrage universel. Là nous avons un élu de la minorité qui s'autoproclame candidat de façon illégitime. La légitimité c'est la majorité.»
L'hebdomadaire la Gazette de la Manche précise que le maire d'Avranches et ses colistiers rencontrent «tous les délégués communautaires pour échanger et dialoguer. Et leur faire prendre conscience qu'il faut une nouveau président qui ne soit pas en conflit avec la ville d'Avranches et les autres communes». «Si un candidat de consensus montait au créneau pour la présidence», les élus de la majorité municipale d'Avranches n'hésiteraient pas à voter pour lui. «Nous ne voulons pas le pouvoir à tout prix».

De son coté, Guénhaël Huet déclare dans Ouest-France : «Je suis le président sortant. Je suis élu communautaire. Ma candidature est parfaitement légitime. Elle repose sur la continuité, l'équilibre et l'expérience. La communauté de communes a besoin d'un président neutre et non d'un président qui souhaiterait imposer sa domination aux autres communes. Il faut de l'expérience pour gérer une collectivité de près de 46.000 habitants. C'est l'intérêt de la communauté».

Qu'en déduire?
La réélection de Guénhaël Huet à l'Intercom ne risque-t-elle pas de poser des problèmes institutionnels, de fonctionnement?
L'intéressé, à l'époque où il avait la double casquette de maire d'Avranches et président de l'Intercom des services, a procédé à la mutualisation de deux services entre la ville d'Avranches et la collectivité supra-communale. Il s'agit notamment du service communication et service bureau d'études (télécharger l'organigramme en pdf).
Si les directeurs de ces services relèvent du directeur général de service de l'EPCI, comment vont se gérer les éventuels conflits entre les deux donneurs d'ordre des services mutualisés : l'EPCI et la ville d'Avranches représentés par deux élus en opposition frontale?
Il y a réellement lieu de s'en inquiéter.

Comme lors de la campagne des élections municipales, Guénhaël Huet réutilise l'argument de la nécessaire expérience pour diriger toute collectivité publique en l'espèce l'Intercom.
Cet argument bien sûr ne tient pas. La preuve par les exemples.
L'expérience des deux mandats successifs à la tête de la commune d'Avranches n'a pas empêché Guénhaël Huet de perdre la mairie. Et inversement la soi-disant inexpérience de David Nicolas ne l'a pas empêché de gagner les élections municipales.
Et puis s'il faut être déjà maire pour être maire ou président de l'Intercom pour ..., il serait impossible à quiconque de se porter candidat sauf en cas de démission ou décès du responsable de l'exécutif.
Cela n'est pas sérieux.
En l'espèce, la future gouvernance de la Communauté de communes a besoin de sang neuf, de renouveau pour conduire la fusion des différentes communautés de communes et résoudre les nombreux dysfonctionnements constatés comme le ramassage des ordures sur le territoire d'Avranches.

En aparté, si la loi impose dorénavant une représentation des élus de la minorité municipale à Avranches, il est bon de rappeler qu'en 2008 année où Guénhaël Huet a été ré-élu maire, il n'a jamais fait droit à la demande de son opposition de réserver un siège à la communauté de communes pour s'initier aux arcanes et suivre les dossiers de l'institution. (lire ici)

Lors du dernier conseil communautaire où Guénhaël Huet a excellemment brillé mentionnant de mémoire à de nombreuses reprises les articles du code des collectivités publiques et autres textes de loi, Guénhaël Huet a rappelé qu'il était le garant de l'intérêt général.
Pourtant à de nombreuses reprises, ce principe a été mis à mal par l'intéressé.
L'épisode de l'attribution des marchés publics de ramassage et de traitement des ordures ménagères sur le canton d'Avranches en juin 2010 est l'un des exemples le plus frappants.
Sur ce dossier Guénhaël Huet a souhaité remettre en cause l'entreprise lauréate, la moins-disante, désignée par la commission d'appel d'offres au mépris de la loi et de l'intérêt général de l'Intercom. La sanction a été sévère, lors du vote le président Huet a été mis en minorité par son assemblée générale. (lire ici)

Pourtant Guénhaël Huet a des atouts pour s'attirer les faveurs des élus communautaires. Notamment celui d'être député et donc de disposer d'une réserve parlementaire qu'il peut distribuer à qu'il veut.
Il est communément admis que cette cagnotte favorise et entretient le système de clientélisme et d'allégence.
En 2013 la subvention la plus importante (16.000€) a été versée à la commune de Donville-les-Bains (dont le maire Jean-Paul Launay est le député-suppléant de G. Huet) en vue de travaux d'aménagement d'un kiosque à musique.
Sourdeval, la commune d'Albert Bazire, son suppléant précédent, n'a pas non plus été oubliée.
Consulter la liste des bénéficiaires des subventions au titre de la réserve parlementaire 2013 du député Guénhaël Huet (cliquer ici - source Ministère de l'intérieur)
L'allégeance des élus locaux aux parlementaires via la réserve parlementaire, les restaurants, ... est des plus classiques.
L'espoir de François Dufour, vice-président EELV du Conseil Régional de Basse-Normandie, de voir les élus ruraux de se démarquer des parlementaires, sera-t-il entendu?
regarder la vidéo (séquence 1'33" extraite de la soirée spéciale du 1er tour des élections municipales 23 mars 2014 sur F3 Basse-Normandie) :

Si Guénhaël Huet est réélu président de l'EPCI, il devra faire un choix en 2017 entre ce mandat et celui de député.
En effet en application de la loi sur le cumul des mandats, il ne pourra exercer simultanément un mandat parlementaire et celui d'une fonction exécutive d'une collectivité publique.
Auquel cas il choisira vraisemblablement celui de parlementaire plus honorifique et rémunérateur.

La solution le plus simple serait dès qu'il soit vendredi prochain député à 100% pour reprendre le slogan de campagne des municipales de David Nicolas qui disait vouloir être maire à 100%.
Cette option mettrait fin à l'absentéisme chronique du député à l'Assemblée Nationale qui fait malheureusement les choux gras des médias et de ce blog (lire ici, , ou encore ).
Le député 100% à sa tâche pourrait ainsi mieux travailler les dossiers législatifs et mieux comprendre les projets et propositions de loi qu'il sera amenené à voter (lire ici).

En conclusion le bon sens, la logique, l'intérêt communautaire, et même l'intérêt national voudraient que Guénhaël Huet ne soit pas réélu président de la communauté de communes Avranches Mont-Saint-Michel.
Ces valeurs seront-elles partagés par l'ensemble des conseillers communautaires?
Rendez-vous vendredi 18 avril 2014 (horaire non encore communiquée) rue général Ruel, siège de l'EPCI pour l'élection du président.


vidéo : «Peut-on être ex-maire d'Avranches et présider la communauté de communes ?», reportage de F3 Basse-Normandie diffusé au JT du 14 avril 2014 à 19h00
(reportage de Jérôme Ragueneau et Stéphanie Vinot avec les interviews de Guénhaël Huet, député et ancien maire d'Avranches et David Nicolas, nouveau maire d'Avranches)
[MAJ 14/04/2014 - 19h20]

lien vers l'article : cliquer ici


revue de presse :
la Manche Libre datée du 5 avril 2014
la Gazette de la Manche datée du 9 avril 2014
Ouest-France daté des 12-13 avril 2014


François Groualle - avranches infos
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