IMGP1681Il y a 90 ans, le 11 novembre 1918 marquait la fin de la première guerre mondiale.
Un conflit sans précédent par le nombre de pertes humaines (environ 10 millions), de nations impliquées (22), ...
La France a été l'un des pays les plus meurtris. 1,4 millions de morts et disparus, 10% de la population active masculine, et 4,2 millions de blessés.
Economiquement, la France est exsangue et l'est de la France sinistré, conséquence des batailles, bombardements ou sabotages.

Eloigné des théâtres de combat, le département de la Manche a été épargné des destructions.
Mais le conflit l'a touché de près. Il a contribué largement à l'effort de guerre.
Pendant les 4 années de guerre, 86.000 manchois seront mobilisés. Ils seront intégrés dans l'une des trois garnisons du département (Granville, Saint-Lô et Cherbourg) rattachées au 10e corps d'armée lui-même incorporé à la Ve armée.
Le bilan humain sera lourd. A la fin de la guerre on dénombrera environ 20.000 tués et 30.000 blessés. Des trois départements bas-normands, la Manche est celui qui aura déploré le plus grand nombre de victimes.

Le département de la Manche a accueilli de nombreuses infrastructures militaires : centres d'instruction (Avranches, Granville, Coutances, Carentan, Valognes et Montebourg), des hôpitaux en lieu et place de casinos (Granville) ou abbaye (Mortain) pour soigner les blessés, des camps de travail pour prisonniers (carrières à Mortain, docks à Granville et Cherbourg), ...

Même loin des terrains de bataille, la Manche a été l'épisode d'un fait de guerre. Non sur terre, mais au large des côtes du Cotentin. Un sous marin allemand y a envoyé par le fond deux navires norvégiens, pays pourtant neutre.

Par ailleurs dès le début de la guerre, la Manche a été une terre d'asile à de nombreux réfugiés civils, belges notamment, ayant fui l'avancée des allemands et l'occupation de leurs territoires.

Coté personnalités, deux figures marquantes en rapport au conflit et au département doivent être mentionnées.
adrianLe premier est Louis Adrian (1859-1933). Polytechnicien et intendant des armées, son nom est attaché au casque de soldat qu'il a inventé en 1915.
Ce casque a permis de réduire de 77% à 22% le taux de blessure à la tête, sauvant par la même la vie de milliers de soldats.
IMGP1675Bien que né à Metz, il est enterré à Genêts, petite localité du sud-Manche. Sur sa pierre tombale est posé un casque «dit Adrian» sculpté en granit.

Le second personnage a connu un destin des plus tragiques. Il maupass'agit de Théophile Maupas (1874-1915). Instituteur au Chefresne dans la Manche, il fut incorporé à la 21e compagnie du 336e R.I. basé à Saint-Lô.
Sur le front, à Souain, le 30 mars 1915 sa compagnie refuse un ordre d'attaquer, cette action étant manifestement vouée à l'échec.
Des sanctions sont exigées des autorités militaires. 18 soldats et 6 caporaux sont tirés au sort pour comparaître devant un conseil de guerre.
Tous les inculpés sont acquittés à l'exception de 4 caporaux (dont Théophile Maupas) qui sont condamnés à mort "pour l'exemple".
Théophile Maupas
et ses trois camarades (*), tous originaires de la Manche, sont passé par les armes le 17 mars 1915.
IMGP1680Il sera réhabilité ainsi que les trois autres caporaux le 3 mars 1934 après un combat de longue haleine mené par sa veuve Blanche Maupas et la Ligue des Droits de l'Homme.
Théophile Maupas est inhumé à Sartilly (à 7 km de Genêts) où un monument a été érigé en mémoire des fusillés de Souain.

(*) Louis Lefoulon, Louis Girard et Lucien Lechat


sources et informations complémentaires:


De nombreux ouvrages paraissent à l'occasion du 90ème anniversaire de l'armistice de 1918.
Deux d'entre-eux, ayant une approche départementale et régionale, sont particulièrement recommandés :

  • 14-18 Mémorial, les Manchois dans la Grande Guerre, édition Eurocibles
  • l'Ouest dans la Grande Guerre, édition Ouest France

vidéo :


la Manche et la première guerre mondiale
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