Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Plage

C’était mon « premier » chauffer. Je ne sais sur quelle planète j’ai erré pendant vingt-cinq ans pour ne pas avoir de bonnes raisons d’y aller. Mais là, j’ai un peu, beaucoup de raisons d’en parler. 

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Keny_ArkanaBrûle mais ne consume pas*... voler la devise d’un célèbre breuvage d’une certaine Abbaye, c’est un peu facile, mais c’est tellement ça, Chauffer : brûler... et ne pas se consumer : des scènes qui s’enchaînent, des cendres d’un concert encore tout chaud, s’ensuit un autre concert, encore plus chaud. Quelle ferveur. Partout, dans tout et tous ! Il fallait que je rencontre ce festival qui n’en finit pas de grandir. Et grâce à François, l’hôte de ma pauvre prose, qui connaît ce festival par coeur, à force de l’avoir arpenté, toutes ces années, et participé à la belle machine à ses débuts, rencontre il y a eu.
Mon meilleur souvenir ce sera pour mon obsession musicale du moment. Depuis un an seulement - peu pour une artiste qui a sorti son premier album il y a dix ans -, c’est la solaire Keny Arkana. Et le soleil m'a brûlée : « La vie d’artiste », et « Cinquième soleil » retentissent encore dans mes oreilles... et peut-être quelque part dans la région du coeur. La rage, elle l’avait, elle nous l'a donnée.

 

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Môsieur_LouisEt puis y'a le joyeux bordel artistique du camping, l’inénarrable plage, les bières, les sandwichs côtes-frites, les moules frites au curry, les crêpes solidaires, les chiottes (la vraie scène alternative cachée de Chauffer, avec son DJ et ses placeurs en costume^^), que des institutions. Et que dire de tous ces bénévoles, les fameux Fucking Fire Brigade, comme on les appelle là-bas. Près de 400, et une énergie sans faille. Et puis aussi le Bulle d'eau z'air et toutes ses animations : en vrac, la beauté des arabesques de la Capoeira, les photos à l'ancienne et un brin fofolles d'Alain Brillant - celui qui a créé la magnifique Affiche de Chauffer de 84, quand le festival s'appelait encore "Rencontres d'ici ou d'ailleurs" ou les clowneries sérieuses de Môsieur Louis nous ont bien animé l'âme et l'esprit, sans oublier toutes les assos présentes, comme Quartier Nature ou Echantillons savoureux qui nous invite à des déambulations stéréophoniques dans le pays Granvillais. 

 

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Public

Pourtant le festival ne commençait pas sous les meilleurs auspices : trop de taff, donc pas de jeudi : pas de Pan D, les perchés Avranchinais, élevés à la PJ Harvey et pas de Soulwax. Vendredi soir, je déboule, et là, la baffe : pas de Tash Sultana, l’australienne envoûtée et envoûtante avec se riffs de guitares inspirés dont je rabats les oreilles de tout le monde depuis des mois ! Visiblement, je ne suis pas la seule : la demoiselle s’est désistée. Elle aurait pu inscrire Chauffer comme endroit de révélation made in Normandie, mais non, tant pis pour elle, le groupe Rocky qui l’a remplacé au pied levé, le lève si bien, le pied, qu’on a fini par l’oublier.

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Nova_TwinsMais celui qui a vraiment tout enflammé d'entrée de jeu ce vendredi soir, c’est Rilès. La générosité même ce mec, qui a fait monter ses potes sur scène. La révélation du moment, et on comprend pourquoi. Les petites collègiennes qui s’agglutinent devant la scène, aussi. Et dans ce brouillard magnifique de sourires et de houblon, la soirée s’est achevée en feu de forêt, tellement tout a brûlé sur leur passage : les Chinese man ! Du hip hop matiné d’électro, avec une mise en scène bluffante, digne de Gorillaz.
Puis est venu le samedi. Avant d'assister au mémorable concert de mademoiselle Arkana, j'ai pris en pleine face un vrai déluge d’énergies, avec des meufs en furie, les géniales 10LeC6, de l’afro punk puis de la "fusio" punk avec les Nova Twins. Je vous jure qu'elles redonneraient la vie à des zombies ! 

 

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_End_It

J’ai survécu. Le final m’a achevée : feu extrême avec End it, tout grindcore dehors, qui en balançant ses sons toutes les vingt secondes, m’a balancée dehors par d’intenses vagues de pogo ! Je ne vous parle pas de la scène du troisième oeil, j’ai tout mélangé dans ma tête, mais au coeur de l’effervescence, Monstromery ou Miët m’ont scotchée.
Le dimanche, ça se finit bientôt déjà. On veut pas partir. Allez encore un peu de sandwichs - qui sont pris d’assaut-, après avoir zombizoné sur la plage, sur fond de sound system, la tête et les pieds dans la sable. Quelques bières plus tard, on s’est marrés comme des petits fous sur Ultra-vomit.

 

Festival_Chauffer_Dans_La_Noirceur_CDLN_2017_Montmartin_Nina_Hagen Et avant de partir, j’ai découvert, un peu sur le c... par terre, que la grande prêtresse du punk Opéra Nina Hagen avait déserté sa chapelle déjantée pour une autre plus sage, celle du folk. Punk is dead, mais pas la diva Nina !


Ahhh... Chauffer, brûler, quoi.

 

Fanie B.

* Le slogan de Grimbergen : Ardet nec consumitur