15 juillet 2008
initiatives estivales autour et contre le projet de ligne THT Normandie-Maine
Les opposants à la ligne Très Haute Tension (400.000 volts) Normandie-Maine ne désarment pas, même en plein été.
Hasard du calendrier, deux initiatives ont été entreprises la semaine dernière pour rappeler au bon souvenir des gouvernants et des responsables de Réseau de Transport d'Electricité (ci-après RTE) que la future ligne THT qui doit relier la centrale EPR, en cours de construction à Flamanville, à la Mayenne ne fait pas l'unanimité, loin de là.
La première action a été entreprise par le GANVA, acronyme de Groupe d'Actions Non Violentes Antinucléaires samedi 11 juillet dernier.
Trois militants de ce groupe ont occupé dans la matinée un pylône THT à Cametours (50) en bordure de la route départementale Coutances-Saint-Lô. Cametours a été choisie car elle sera traversée par une deuxième ligne THT sur sa commune, la Normandie-Maine, et pour la visibilité et la communication de l'action. Chose réussie, voire la vidéo en fin de billet.
Les militants anti-nucléaire s'étaient déjà fait remarquer le 1er juillet en s'enchaînant sur la ligne SNCF à Tournières (14) pour s'opposer au passage d'un convoi de déchets
nucléaires italiens à destination du centre de retraitement de la
Hague.
L'occupation du pylône a pris fin à la tombée de la nuit sans heurt avec les forces de l'ordre.
L'autre initiative, moins spectaculaire, est à mettre au profit des parlementaires (1) dont les circonscriptions sont concernées par la ligne THT Normandie-Maine.
Ces élus ont été reçus jeudi 10 juillet à Paris par Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'aménagement du territoire en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet (aka NKM) secrétaire d'Etat à l'écologie et du président de Réseau de Transport d'Electricité (Dominique Maillard?) gestionnaire de la future ligne THT.
Le quotidien Ouest-France daté du 14 juillet donnent quelques informations de cette rencontre (extraits vraisemblablement d'un communiqué de presse)
« Plusieurs scenarios d'améliorations du projet et du programme d'accompagnement et d'insertion environnementale ont été débattus à cette occasion. (...) [Il a été] demandé à RTE de veiller à ce que les interrogations liées à la santé, exprimées par les élus et les populations, soient examinées de manière très approfondie dans le dossier qui sera présenté à l'enquête publique au second semestre 2008, et que des mesures appropriées soient prises. (...) [Il a été] convenu d'organiser une réunion avec les élus locaux concernés au mois de septembre. »
Le quotidien précise que NKM devrait se déplacer dans le département de la Manche.
On commençait à ne plus y croire.
Le député du sud-Manche Guénhaël Huet avait annoncé fièrement le jeudi 28 mai 2008 à l'occasion d'un débat public sur la ligne THT à Saint-Hilaire-du-Harcouët la visite de NKM dans le sud-Manche pour la fin juin. Jamais venue. Enfin à ma connaissance.
Alors nombreux sont ceux qui ont dit ou pensé très fort (moi le premier), « tiens le député Huet, il nous refait le coup de Rachida Dati ! », ministre de la Justice que les avranchinais attendent toujours, après l'annonce de la fermeture de son Tribunal de Grande Instance d'Avranches.
A suivre.
La réunion publique de Saint-Hilaire-du-Harcouët devait faire l'objet d'un compte-rendu exaustif sur ce blog.
Devait, car faute de temps, cela n'a pu se faire. Je profite de ce billet pour rappeler brièvement les éléments les plus marquants.
Environ 600 personnes étaient présentes à la réunion d'information sur la future ligne THT Normandie-Maine initiée par les députés (UMP) de la Manche Guénhaël Huet et de la Mayenne Yannick Favennec. En invité d'honneur le député des Bouches du Rhône Christian Kert, auteur d'un rapport
parlementaire sur la question de l'enfouissement des lignes THT.
Contredisant point par point l'argumentation de RTE, Christian Kert (photo à droite) a démontré qu'il était possible d'enfouir techniquement les lignes très haute tension, que le coût de l'enfouissement n'est pas si prohibitif et qu'in fine le bilan coût/avantage était favorable à l'enfouissement.
Le débat qui a suivi a été l'occasion pour le public de s'exprimer. Opposition à l'EPR et à la THT pour des raisons idéologiques, inquiétude des effets nocifs de la ligne aérienne sur la santé des populations, problèmes environnementaux, défiguration des paysages par les pylônes et les lignes, absence d'écoute de RTE... sont les thèmes abordés au cours de cette séquence.
Des critiques ont fusé à destination de certains parlementaires présents. Particulièrement visé le député Guénhaël Huet. Un militant anti THT du Teilleul lui a reproché de prendre la posture de victime sur ce dossier, alors qu'il a été favorable et a voté à l'époque dans ce sens au Conseil Général (en tant que conseiller général d'Avranches) pour accueillir dans le département la future centrale EPR, source de toutes les inquiétudes. Pas de réponse de l'intéressé. Question suivante.
En conclusion de la réunion, les parlementaires UMP ont (r)assuré l'assistance qu'il était possible de faire plier RTE, d'obtenir l'enfouissement partiel de la ligne THT mais à condition d'être solidaire alors ...
« tous ensemble, tous ensemble ouaih, ouaih »
(1) le quotidien local ne donne aucun nom de parlementaires. Au jeu des pronostics : les députés Guénhaël Huet, Philippe Gosselin (Manche), Yannick Favennec (Mayenne), le sénateur Jean Bizet (Manche).
Les noms des parlementaires réellement présents à la réunion ministérielle seront prochainement mis à jour.
L'hebdomadaire La Gazette de la Manche daté du 16 juillet donne des noms. Des parlementaires manchois cités et présents, manquaient les députés Alain Cousin (Coutances-Granville) et Claude Gatignol (Valognes). Par ailleurs c'est bien Dominique Maillard qui représentait RTE à cette réunion. [Mise à jour vendredi 18 juillet 2008]
vidéo : occupation d'un pylône THT à Cametours par des militants anti-nucléaires (source France 3 Basse-Normandie)
action estivale contre la ligne THT Normandie-Maine
envoyé par francois50300
04 juillet 2008
le deuxième réacteur EPR à Flamanville (50) ? p'tet ben qu'oui, ptet ben qu'non
Lutte contre le réchauffement climatique, remplacement des centrales nucléaires en fin de vie ou lobbying des industries électro-nucléaires (AREVA, EDF, ...), la France se dotera d'un deuxième réacteur nucléaire de troisième génération dite EPR dans les dix prochaines années.
La décision a été prise hier par le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy au Creusot (71) lors d'une visite d'usine Arcelor Mittal spécialisée en chaudronnerie notamment pour centrales nucléaires.
La centrale EPR sera la troisième de ce type. Deux centrales "nouvelle génération" sont déjà en cours de construction. A Olkiluoto en Finlande et à Flamanville dans la Manche (50).
Ces chantiers ont été émaillés d'incidents ou problèmes techniques. La mise en production de la centrale finlandaise accuse déjà un retard d'au moins deux ans (2011 au lieu de 2009). (cf. vidéo en fin de billet pour les incidents à Flamanville)
Le choix du lieu (vu) et la date de l'annonce ne sont pas anodins.
La France préside depuis 3 jours l'Union Européenne pour six mois. La lutte contre le réchauffement climatique est l'un des objectifs poursuivis par la France à la tête de l'Europe. Justement depuis hier se déroule un sommet européen sur l'environnement à Saint-Cloud (92) où sont présents les 27 ministres européens de l'environnement.
La question que tout le monde se pose et personne ne répond est la suivante : où cette seconde centrale EPR sera-t-elle être construite?
Tout pousse à penser qu'elle sera à Flamanville dans le nord Cotentin.
Déjà le maire de la localité, Patrick Fauchon, n'y est pas hostile au contraire (cf. Ouest France du vendredi 4 juin 2008).
Politiquement, il ne serait pas surprenant que les élus du département de la Manche soient favorables à ce second, ayant déjà accepté le premier. Ce 2ème réacteur serait source de recettes fiscales supplémentaires pour les collectivités territoriales et maintiendrait l'emploi sur le territoire.
En effet la première pierre du second EPR pourrait, sauf retard, être posée en 2011, correspondant à la fin des travaux du premier EPR dont la mise en service est prévue en 2012.
Inutile de déplacer la logistique et le personnel déjà formé. Le premier chantier terminé, on attaque l'autre à coté.
D'autant qu'au niveau de l'emprise au sol, il semble qu'il n'y ait pas de contrainte majeure : en regardant la photo du site de Flamanville (les 2 centrales existantes + simulation 1er réacteur EPR terminé), il y a de place pour un autre.
Que de bonheur !!!!
Autre élément. En observant la carte des centrales électro-nucléaires en France, les réacteurs sur chaque site sont en nombre pair.
L'explication serait-elle qu'en cas de maintenance ou de panne de l'un, l'autre prendrait sa place en augmentant sa puissance???
Il ne serait alors pas surprenant que l'EPR en cours de construction à Flamanville ait son petit frère ...
Si c'était le cas, se poserait la question de l'acheminement de l'électricité du second EPR sur le réseau électrique. Pourra-il utiliser la ligne Très Haute Tension (400.000 v) Normandie-Maine en cours d'étude et vivement contestés par la population et les associations anti-THT locales ou devra-t-on en construire une nouvelle?
De quoi faire causer et bouger dans le bocage normand ...
vous pouvez donner votre avis sur la question grâce à ce petit sondage
vidéo : suspension de la construction de la centrale EPR à Flamanville (fin mai). Les travaux ont repris depuis.
source France3 Basse-Normandie du 28 mai 2008
construction de l' EPR à Flamanville (50) suspendue
envoyé par francois50300
29 mai 2008
les deux anti-OGM et anti-prélèvement d'ADN François Dufour et Pierre Jarre devant le tribunal correctionnel d'Avranches
Deux militants anti-OGM locaux, François Dufour et Pierre Jarre,
étaient convoqués mardi 27 mai en début d'après-midi devant le tribunal correctionnel d'Avranches (50).
Cette comparution fait suite à leur refus
de prélèvement d'ADN destiné à alimenter différents fichiers d'empreinte
génétique (FNAEG et Europol), mesure prise à leur encontre pour avoir fauché en 2004 un champ d'essai (déclaré par la suite illégal par le Conseil d'Etat) de maïs transgénique (variété (Mon810) interdite de vente début 2008 en vertu du principe de précaution ....).
Le quotidien Ouest France daté du 28 mai rapporte au sujet des prélèvements génétiques les propos de François Dufour : « Je considère cela comme une atteinte à la liberté de la liberté individuelle ».
L'agriculteur, membre de la Confédération Paysanne et d'ATTAC, craint que sa présence « revienne à ficher aussi a filiation ».
Il souhaite que l'action de fauchage soit considéré non comme un délit mais comme une bataille syndicale par la justice et réclame la relaxe.
Seulement le tribunal ne jugera pas cette action pour laquelle les deux anti-OGM ont déjà été condamnés : deux mois de prison avec sursis, 1270 € d'amendes et au prélèvement d'ADN.
Mais peut-être que le tribunal sera sensible au cas d'espèce.
Décision du tribunal correctionnel sur le refus de prélèvement le 24 juin 2008.
A suivre.
Avant le rendez-vous judiciaire, un pique-nique festif rassemblant une
centaine de sympathisants était organisé devant la mairie de la
ville sous-préfecture.
Ailleurs, le même jour, la cour d’appel d’Orléans a examiné le recours intenté par le
semencier Monsanto à l'encontre de quarante-neuf faucheurs volontaires dans le
cadre de la destruction de parcelles de maïs transgénique, en 2005 et
en 2006, à Greneville-en-Beauce. Les débats portaient sur les
indemnisations.
L’avocat du semencier a réclamé 313.000 euros de
dommages et intérêts pour chacune des actions de destruction, soit, un
total de 626.000 euros.
La décision a été mise en délibéré au 16
septembre.
Toujours le même jour et à Orléans, Jean-Marie Loury,
agriculteur d’Eure-et-Loir et faucheur volontaire, avait répondu à une
convocation du juge d’instruction en qualité de témoin assisté, dans le
cadre d’une plainte déposée par Monsanto, contre les militants
anti-OGM, pour association de malfaiteurs.
(source : intensité.net)
vidéo : pique-nique de militants anti-OGM devant la mairie d'Avranches et interview des faucheurs (source : France 3 Basse-Normandie mardi 27 mai 2008, édition 19h00)
les anti-OGM / ADN Dufour et Jarre devant le tribunal
envoyé par francois50300
26 mai 2008
lignes THT Normandie-Maine et THT Pyrénées-Orientales : même combat pour même résultat?
Quel pourrait être le rapport entre le célèbre groupe de hard-rock australien AC-DC dont un extrait musical ouvre ce billet et le thème du jour lié à la fée électricité et à l'un des moyens de transport, les lignes très haute tension (THT)?
Plusieurs.
Le premier. Le nom du groupe AC-DC, acronyme anglais (alternating current/direct current) qui signifie en français courant alternatif (AC) et courant continu (DC).
Le second lié au titre du morceau entendu "highway to hell", autoroute pour l'enfer. Les lignes THT, ce sont les autoroutes électriques dont la présence peut être ou devenir un enfer pour les riverains.
Le troisième? A vous de le trouver.
Les projets de lignes THT de 400.000 volts développés par RTE (Réseau de Transport d'Electricité) laissent peu de monde indifférent.
Habitants, élus locaux, associations, on le comprend, acceptent mal la proximité de ces lignes électriques, défigurant les paysages et dont l'impact des champs électromagnétiques sur la santé reste
assez mal connu.
Des nombreuses lignes THT en projet en France, focalisons nous sur deux : les lignes THT Pyrénées-Orientales et Cotentin-Maine.
Qui ne sont pas sans rapport par leur actualité commune.
Effet papillon? Les récents évènements intervenus dans les Pyrénées pourraient avoir des incidences sur le projet régional.
Les projets.
La ligne THT Cotentin-Maine est liée à la centrale électronucléaire de troisième génération dite EPR en cours de construction à Flamanville (50).
L'EPR est construite pour répondre au besoin toujours croissant d'électricité, mais aussi pour anticiper le vieillissement des centrales nucléaires actuelles.
En 2012, l'EPR doit entrer en phase de production. La ligne 400.000 volts transportera l'énergie produite vers le sud ("région" Maine-Mayenne).
La ligne Cotentin-Maine présentera les caractéristiques suivantes : un tracé de 150 km, des pylônes de 45 à 65 m de haut plantés tous les 500 m environ. Le coût total du projet en aérien est estimé à environ 240 millions d'euros.
La ligne THT Pyrénées, elle, vise l'interconnection électrique entre la France et l'Espagne.
Elle permet à chaque producteur d'électricité selon les besoins de vendre ou d'acheter de l'énergie de part et d'autre de la frontière.
Le projet initial (en 1982) devait traverser les Pyrénées du coté Atlantique (pays Basque). Critiqué par les populations locales, le projet s'est déplacé au fur et à mesure vers la mer méditerranée (Pyrénées orientales). L'hostilité des catalans français et espagnols a figé le projet en 2003.
Sous pression de l'Europe inquiète d'une possible crise électrique espagnole, un médiateur coordinateur européen sur ce projet, Mario Monti a été désigné pour résoudre le contentieux de la ligne THT Pyrénées, notamment son enfouissement demandé par les catalans et refusé par RTE pour des motifs technique et financier.
Un cabinet d'études indépendant italien Centro Elettrotecnico Sperimentale Italiano (CESI) a été sollicité. Dans son rapport publié en avril, le cabinet CESI a indiqué qu'une technique à courant continu enfouie « bien que difficile à mettre en œuvre, peut être adoptée».
Dans ce sens, le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo, fin avril, a proposé à
son homologue espagnol de recommander conjointement l'option d'une
ligne totalement enfouie entre Baixas (près de Perpignan) et Santa
Llogaia (près de Figueras) afin de limiter au maximum les impacts sur
l'environnement.
Un point noir, le coût de l'enfouissement qui pourrait être
multiplié par sept et atteindre par conséquent 700 millions d'euros. Le ministre français a indiqué que
l'État prendrait à sa charge le surcoût de l'enfouissement terrestre ou
marin de la ligne en courant continu.
La solution de l'enfouissement de cette ligne, appuyée par le gouvernement, donne quelques espoirs du coté de la ligne Cotentin-Maine.
En effet s'il est possible de d'enterrer la ligne THT dans les Pyrénées-Orientales, pourquoi n'en serait-il pas de même de la ligne Cotentin-Maine?
Cette question, un député n'a pas attendu longtemps pour à se la poser.
Ce député n'est naturellement pas Guénhaël Huet, mais celui de la Mayenne Yannick Favennec.
Ce député UMP, qui courageusement a voté dernièrement contre la loi sur les OGM, semble avoir fait progresser le dossier de l'enfouissement, si l'on en juge à la lecture de son blog.
Début mai, Il a adressé un courrier Jean Louis Borloo à ce sujet.
Extraits.
« Votre déclaration et votre recommandation me redonnent de l’espoir quant à la mise en place d’une solution tout aussi exceptionnelle et respectueuse de l’environnement, même si elle est difficile à mettre en œuvre, permettant de préserver les sites, tout aussi remarquables, de la Mayenne, de l’Ille-et-Vilaine et de la Manche.
Je ne doute pas, monsieur le ministre, que vous aurez à cœur de ne pas adopter une attitude discriminatoire à l’encontre de certains territoires, dont le mien (…). L’enfouissement de la ligne THT issue de l’EPR de Flamanville permettrait de limiter au maximum les impacts sur l’environnement et sur les personnes.
De plus vous vous êtes engagé à prendre en charge le surcoût des travaux d’enfouissement, dans les Pyrénées ; sachez que sur nos territoires, la topographie est moins accidentée et, par conséquent, le surcoût occasionné par un enfouissement de la ligne Cotentin-Maine serait sûrement moins élevé. »
Le dimanche 18 mai, le député Favennec a été contacté par téléphone par le ministre de l'écologie.
Le blog du député mentionne que ministre s'est engagé à confirmer, par courrier, qu'il acceptait de mettre en place la même méthodologie pour la ligne THT qui traversera la Manche, la Mayenne et l'Ille-et-Vilaine, que celle qui a conduit à la récente décision d'enfouir la ligne à très haute tension entre la France et l'Espagne.
Le ministre a insisté sur le fait que notre territoire "serait traité de la même façon que celui des Pyrénées", qu'il n'y aurait "aucune discrimination". Pour cela, "le cabinet indépendant qui avait réalisé la première étude sur la faisabilité d'un enfouissement de la ligne Cotentin-Maine sera, prochainement, mandaté pour actualiser cette étude et y apporter des compléments d'information indispensables à une décision définitive et équilibrée".
Le ministre aurait précisé qu'avec "une ligne enfouie, il y avait moins de perte d'énergie électrique que par un transport aérien".
L'article conclue "Ce coup de fil, de vingt minutes, a résonné comme un immense espoir de voir émerger, sur ce dossier compliqué et très sensible, une solution plus respectueuse à la fois de l'environnement et des personnes".
Par ailleurs, l'actif député Favennec vient de créer une coordination rassemblant les parlementaires de la Manche, de l'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne pour peser sur ce dossier. Cette coordination a demandé à être reçu par le ministre.
Au même moment dans la Manche, lundi 19 mai, un collectif de 17 élus dont les communes se trouvent sur le tracé de la ligne THT ont demandé à être reçu par le Préfet de la Manche pour lui remettre symboliquement un arrêté interdisant le passage de la ligne à moins de 500m des habitations et à 300m des bâtiments d'élevage au nom du principe de précaution.
Est-ce à dire que ces élus seraient favorables à la ligne THT dès lors qu'elle serait à plus de 500m?
Il semble bien à la lecture du compte-rendu d'Ouest-France le 20 mai : un élu déclare « Il ne s'agit pas d'interdir la THT (...). Nous ne ne pouvons pas faire comme s'il n'y avait pas de risque. Nous avons juste pris des dispositions pour que les populations soient protégées, qu'il y ait pas d'habitations à moins de 500m de la ligne.»
Ces déclarations doivent être appréciées à sa juste valeur par RTE.
A mon avis il ne faut pas de faire trop d'illusion sur l'enfouissement total du tracé.
Alors même que la ligne serait techniquement réalisable et financée, il y aurait peu de chance pour qu'elle soit construite dans les trois ans : la ligne doit être raccordée THT à la centrale EPR fin 2011, un an avant l'entrée en production de la centrale EPR, sauf retard.
En effet, la pose d'une ligne électrique souterraine demande beaucoup plus de temps que la construction d'une ligne aérienne de même longueur. De lourds travaux doivent être entrepris (creusement de tranchées, construction de deux voies de chaque coté de la tranchée pour le passage des engins de dépose de câbles, dépôt de remblai spéciaux puis fermeture de la tranchée); travaux pouvant être ralentis ou stoppés en cas des conditions climatiques défavorables (pluie).
Pour mémoire RTE envisage la construction de la ligne aérienne en 18 mois (début 2e semestre 2010 - fin 2e semestre 2011).
Quant à l'enfouissement partiel du tracé, comme le demandent les habitants de la commune de Chevreville qui a fait l'actualité en mars dernier en boycottant les élections municipales et cantonales, cette solution n'est pas sans inconvénient.
Deux pylônes aérosouterrains doivent être construites pour raccorder les câbles souterrains aux lignes aériennes. Hors le coût astononomique d'un tel pylône (1 milieu d'euros, 6 fois plus cher qu'un pylône classique), il nécessite une emprise au sol importante : de 2000 à 3000 m2.
Le calendrier est l'élément déterminant de la question de l'enfouissement de la ligne Cotentin-Maine. Il est lié, nous l'avons vu, à l'ouverture de la centrale EPR en 2012.
Le rétroplanning du dossier laisse mal augurer un quelconque enfouissement.
De plus il serait incompréhensible que la centrale opérationnelle techniquement ne puisse pas produire de l'électricité faute de moyen de transport.
On peut compter sur EDF, société anonyme cotée en bourse et gestionnaire de l'installation électronucléaire, dont le coût avoisine la bagatelle de plus de 3 milliards d'euros, pour mettre la pression sur RTE et le gouvernement.
Les responsables de RTE ne doivent pas être trop inquiets de ces critiques et contestations publiques, somme toutes classiques pour eux.
Des élus reprochent le manque de concertation de RTE. Il ne faudrait pas trop gratter pour se rendre compte que certains de ces élus appliquent les mêmes méthodes, contestables et détestable, dans leur propre collectivité.
Alors les moralisateurs et les donneurs de leçons ...
Par ailleurs, il faut se rendre à l'évidence que le département de la Manche a tout accepté sans rien demander ou obtenir en contre-partie.
Quitte à me répéter une nouvelle fois. Le département a accueilli, bien gentiment et sans rien dire, depuis les années 1960 des installations publiques nucléaires particulièrement dangereuses : le centre de retraitement de la Hague, les deux centrales nucléaires de Flamanville, le centre de stockage de déchet de Digulleville.
Qu'a-t-elle bénéficier en retour de la part de l'Etat? : rien, nothing, nichts, nada! Pas d'autoroutes, ni d'électrification du réseau ferrovière, aucune infrastructure permettant de désenclaver et d'industrialiser le territoire et de lutter, à l'époque, contre l'exode rural.
Il est vrai que l'Etat a bien été aidé par la passivité de nos notables locaux.
Même si les élus du XIXe siècle sont plus dynamiques que ceux du siècle précédent, l'image du département de la Manche reste malheureusement entacher d'immobilisme et de renoncement.
De plus, on le voit bien, il n'existe pas au niveau des élus manchois de stratégie et d'objectifs communs à la différence des élus pyrénéens. En effet, certains de nos élus locaux ne sont pas hostiles à la THT dès lors qu'elle est éloignée des habitations, d'autres désirent son enfouissement partiel, ...
Du pain béni pour RTE ...
Une réunion publique sur la ligne THT Cotentin-Maine est organisée ce mercredi 28 mai à Saint Hilaire-du-Harcouët sous les auspices du député local Guénhaël Huet.
A ses coté sera présent un autre député, Christian Kert, originaire des Bouches-du-Rhone. Le parlementaire a rédigé en 2001 un rapport sur la question de l'enfouissement des lignes électriques.
La réunion se déroulera à la salle des fêtes, rue Waldeck Rousseau, vers 20h30.
Plus festif et plus radical, l'association "Branchés autrement" présente une soirée anti THT-EPR le samedi 7 juin prochain à la salle des fêtes du Grand-Celland.
Au programme : stand d'infos sur les risques liés à la THT et à l’EPR (sensibilisation, discussions) et différentes animations : concerts (les Frères Fouques, ...), danses africaines, slam, DJs.
L'entrée est fixée à 1 €.
Un repas communautaire y sera organisé : chacun amène son repas et le partage (tables à disposition pour le repas, buvette).
25 mai 2008
Justice à Avranches : deux faucheurs anti OGM, François Dufour et Pierre Jarre, refusent le prélèvement d'ADN
L'histoire retiendra qu'ils avaient raison trop tôt.
Alors que le Parlement (Assemblée Nationale et Sénat), nous l'avons vu, a voté à l'unisson le projet de loi sur les OGM, l'actualité sur les OGM revient au galop avec la convocation devant le tribunal correctionnel d'Avranches (50) mardi
prochain (27 mai) de deux personnalités locales, faucheurs de plants transgéniques : François Dufour (photo à gauche), agriculteur-syndicaliste et Pierre Jarre, les deux membres d'ATTAC.
Condamnés chacun à deux mois de prison avec sursis, à une amende de 1.270 € et à un prélèvement d'ADN (devant alimenter le fichier national des empreintes génétiques) pour avoir fauché le 30 août 2004 à Greneville-en-Beauce un champ d'essai de maïs OGM avec 30 autres anti-OGM, ces deux "délinquants" ont refusé ledit prélèvement en gendarmerie.
C'est pour ce refus de prélèvement d'ADN qu'ils comparaissent devant tribunal correctionnel d'Avranches mardi prochain à 13h30.
Précisons que ledit champ de maïs transgénique a été déclaré illégal par le Conseil d'Etat, n'ayant pas obtenu des pouvoirs publics les autorisations nécessaires pour faire ces essais, et que la variété de maïs en cause (Mon 810) a été interdite par la suite en France début février 2008 au nom du "principe de précaution".
Qu'est-ce le fichier national des empreintes génétiques (ci-après FNAEG)?
Créé en 1998, le fichier des empreintes génétiques se
bornait à l'origine à enregistrer les violeurs afin de les identifier en cas de
récidive. Il a été étendu aux crimes en 2001.
La loi sur la sécurité
intérieure du 18 mars 2003 dite "loi Sarkozy", alors ministre de l'Intérieur a élargi son
champ d'application à la grande majorité des délits : vol, trafic de
stupéfiants, violences volontaires, escroquerie, dégradations,
proxénétisme, atteintes sexuelles sur mineurs, fabrication d'explosifs,
actes de barbarie, etc.
Le délit de fauchage n'existant pas à l'époque (il l'est avec la nouvelle loi sur les OGM), il est assimilé au délit de "destruction grave de bien d'autrui en réunion".
Ce délit est sanctionné par une peine maximum de 5 ans de prison
et 75 000 euros d'amende (peine susceptible d'être doublée en cas de
récidive légale) et fait l'objet d'un prélèvement d'ADN dans le cadre de la loi LSI.
L'empreinte génétique prélevée sera conservée au maximum 25 ans (sauf
effacement accordé par le procureur) dans le FNAEG, contre 40 ans pour les personnes
définitivement condamnées.
Les réfractaires au
prélèvement encourent un an de prison ou 15.000 euros d'amende, ou, si
l'auteur des faits est condamné pour crime, deux ans de prison ou
30.000 euros d'amende.
François Dufour déclarait début avril «nous avons été condamnés pour avoir pillé effectivement quelques brins de maïs qui est aujourd'hui interdit. C'est quand même le comble! En fait nous devrions avoir une amnistie, y compris des procès sur lesquels nous sommes en train de payer cher.»
Peine de prison avec sursis, amendes, prélèvement génétique, effectivement les arracheurs de maïs OGM paient cher leur action de protection de l'environnement.
Cela est d'autant ubuesque que l'essai de plants OGM arrachés était illégal et la variété d'OGM interdite plus tard.
Le refus de prélèvements d'ADN est justifié par les intéressés par le fait qu'ils sont innocents (puisque les faits aujourd'hui leur donnent raisons) et que leur empreinte génétique présente dans le ficher FNAEG peut nuire à leurs ascendants et descendants.
Pierre Jarre, contacté, s'étonne par ailleurs des différence de traitement sur des sujets de sociétés et d'environnement : « Les
32 faucheurs d'OGM ont été condamnés à environ 96.000 € d'amende en
voulant protéger l'environnement et la santé publique alors qu'une
entreprise appartenant à Alsthom a été condamné en 2006 à une amende
moindre (75.000 €) et son directeur à 3.000 € d'amende pour "mise en
danger d'autrui" concernant l'utilisation d'amiante qui a tué des dizaines de
salariés ...»
Quelle décision rendra le tribunal correctionnel d'Avranches : acquittement ou condamnation?
Il est difficile de se faire une idée tant la jurisprudence n'est pas fixée à ce sujet.
Certains arracheurs de plants OGM ont été relaxés dans des tribunaux (la Roche-sur-Yon - 85), d'autres condamnés (Argentan - 61, Besançon - 25).
Les citoyens anti-OGM sont invités à se retrouver mardi midi à Avranches devant le tribunal correctionnel / tribunal de grande instance pour soutenir les deux prévenus avant leur comparution à 13h30.
Un banquet festif y sera organisé.
Pendant toute la discussion du projet de loi sur les OGM au Parlement, le département de la Manche aura été involontairement au centre de l'actualité.
Evacuons d'emblée l'attitude incompréhensible du député du sud Manche Guénhaël Huet, le focus a porté sur le conflit entre les deux sénateurs de la Manche au sujet des OGM : le pro Jean Bizet, maire du Teilleul et le critique Jean-François Legrand, président du Conseil Général de La Manche.
Ce dernier, le jour de l'adoption du projet de loi au Sénat - qu'il n'a pas voté -, a diffusé un communiqué de presse expliquant son attitude sur ce sujet sensible :
«Préservation de la biodiversité : des acteurs unis et déterminés.
La France a raté une chance historique.
Celle de porter au Sommet européen le consensus du Grenelle basé sur le principe de précaution en matière d’OGM.
Le projet de loi initial, dans sa version issue du Gouvernement,
était un texte équilibré et rigoureux, mûrement réfléchi et conçu par
un collège d’experts reconnus.
Son « détricotage » par le Sénat l’a vidé d’une partie de son
contenu, le privant d’une réelle efficacité, favorisant son rejet en
seconde lecture à l’Assemblée Nationale.
La loi a finalement été votée, ce jour.
Ainsi que je l’avais annoncé, j’ai voté contre ce texte.
Je ne suis pas contre les OGM, mais contre un projet de loi qui écarte la chance d’une pacification du débat.
Ainsi que je l’avais écrit, je ne considère pas que le combat cesse.
Je le porterai là où il doit être porté : sur la protection de la
biodiversité et sur le principe fondamental qui impose l’Homme au coeur
de tout projet sociétal.
J’ai reçu au cours de ces dernières semaines de très nombreux
soutiens d’hommes et de femmes, spécialistes ou simples citoyens. Tous
se sentent concernés par les enjeux environnementaux liés aux OGM. Tous
souhaitent s’investir.
Aujourd’hui, je leur propose de travailler ensemble pour faire progresser nos idées dans la société.
D’ici à quelques semaines, je prendrai avec un certain nombre de
personnalités une initiative permettant de promouvoir la biodiversité
au coeur du développement durable. Nous inviterons alors, nos soutiens
à nous rejoindre.
Unis et déterminés, nous ne baisserons pas les bras, car le manque de courage ouvre la voie à tous les renoncements.»
Pour compléter ce billet, un dossier sur la problématique sur les OGM peut être consulté sur dailymotion en cliquant sur ce lien.
autre communiqué de presse de J.F. Legrand (20 mai 2005) diffusé la veille du vote du projet de loi au Sénat :
«IL N’EST PAS TROP TARD !
Si le Petit Prince revenait sur Terre, dans quelques années, pourrait-il encore demander "Dis, Monsieur, dessine-moi un épi de maïs sans OGM" ? Si la question peut prêter à sourire, elle n’en reste pas moins préoccupante. Existera-t-il encore dans 20 ans du maïs non transgénique sur les cinq continents ? Y aura-t-il encore un espace agricole qui puisse être dédié à la culture de plantes non-OGM sans risque de contamination par des champs voisins ? La biodiversité aura-t-elle encore des droits sur Terre, ou l’aurons-nous définitivement sacrifiée sur l’autel de la production de masse et de la rentabilité économique ?
Si je m’interroge ainsi, c’est que je m’efforce de voir loin. Plus loin que le simple espace-temps dans lequel nous vivons aujourd’hui, nous, les citoyens français de ce début de XXIe siècle.
Après tout, qu’est-ce que la biodiversité peuvent se demander certains ? Une lubie de zoologistes, passionnés par quelques oiseaux rares ou moutons à cinq pattes ?
A ceux-là, je réponds, non, la biodiversité est tout simplement l’assurance-vie de la planète et de chacun d’entre nous. C’est même l’un des grands enjeux de ce siècle. Car, les grands équilibres naturels résident dans le maintien de cette diversité ; c’est là que se trouve la capacité du monde à s’adapter aux changements qui s’annoncent, dont le changement climatique.
Pour bien comprendre l’enjeu de la biodiversité, prenons l’image d’un avion en vol qui perdrait un à un ses boulons. A un certain moment la perte d’un énième boulon fera chuter l’aéronef. La perte de ce boulon est le fait générateur de l’accident, et pourtant la chute est conditionnée par la perte de l’ensemble des pièces manquantes !
La réflexion sur les OGM doit être abordée sous cet angle. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que ne cède l’ultime boulon qui causera notre chute.
Le débat sur les OGM est un débat délicat et passionnel.
Pendant trop longtemps, "pro" et "anti" se sont jeté l’anathème et s’entendaient sans réellement s’écouter. Chacun cherchait à "confisquer" la parole à l’autre.
Pour couper court à ce dialogue de sourds, il fallait redonner sa force à la connaissance, notamment grâce à l’expertise des scientifiques. Mais "science, sans conscience, n’est que ruine de l’âme", c’est pourquoi, il fallait adjoindre à cette première série d’experts des spécialistes des "sciences molles", que sont les philosophes et les sociologues.
Ensemble, ils ont été invités à dialoguer dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
Sans revenir dans le détail, je rappellerai l’esprit des conclusions de ce groupe de travail.
Il a été confirmé que la parole est trop souvent confisquée, soit par les tenants des OGM, soit par les opposants. C’est la raison pour laquelle il importe que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire.
Il faut organiser la gouvernance de cette connaissance : ce fut ma proposition de création d’une haute autorité permettant aux deux collèges, scientifique et sociétal, de se parler, de se comprendre et de sortir de leurs enfermements réciproques.
Il convient d’édicter, par la loi, les principes de cette gouvernance, principes qui ont été intégralement repris dans le texte du Gouvernement. Tout au long de nos travaux, mon seul souci, partagé par l’ensemble des membres du groupe de travail, OGM, a été de redonner à un sujet éminemment passionnel la sérénité et l’objectivité qui me paraissaient être les seules valeurs capables de pacifier la société sur ce sujet.
Les conclusions du Grenelle ont été mûrement réfléchies et débattues. L’ensemble du processus a été validé à l’unanimité par le groupe de travail.
Si le projet de loi initial reprenait l’intégralité des conclusions du Grenelle, le Sénat s’est montré beaucoup plus timoré. A "l’esprit de la réforme", les Sénateurs ont préféré la "réforme de l’esprit". Rien ne devait changer, si ce n’est les esprits rétrogrades que nous étions, nous les gens de terre qui nous opposions aux gens de fer.
Que n’a-t-on pas dit lorsque j’ai affirmé que les Sénateurs étaient, pour certains, "actionnés", en clair sous influence de certains lobbies industriels et économiques ?
Et pourtant, c’est un fait. Nier leur existence relève de l’aveuglement : les lobbies ne sont pas condamnables ; ils exercent leur influence, c’est leur vocation, ou plus simplement leur métier. A chacun le sien.
Mon "métier" de Sénateur est de défendre les intérêts des citoyens. Pas ceux des grandes firmes internationales, qui redoutent que la recherche procède à des investigations plus poussées notamment quant au maintien de la diversité des espèces, et la perte du dernier boulon.
Je suis inquiet, et d’autres avec moi. Et si aux Etats-Unis, un expert des naufrages-catastrophes signe un pamphlet intitulé "La 11e heure", c’est bien qu’il existe une prise de conscience à travers toute la planète.
Je ne veux pas que le vivant puisse être breveté comme le souhaiteraient certaines firmes. La nature a tous les droits, et l’Homme n’en a qu’un, celui de la respecter, et non de décréter qu’il en est propriétaire, au plan génétique.
Je ne veux pas que la nature s’appauvrisse et que seul subsistent sur terre les semences produites dans quelques laboratoires et qui auront, par pollinisation, détruit la richesse de notre patrimoine naturel.
Je ne veux pas que les agriculteurs deviennent totalement dépendants de quelques firmes, propriétaires de leurs semences, comme de toute la gamme de produits aptes à les entretenir.
J’en appelle à la raison. A celle de mes concitoyens, comme à celle de mes collègues parlementaires, qui à l’heure où sont publiées ces lignes débattent des sujets que je viens d’évoquer.
Il ne s’agit pas là de politique, mais de l’avenir de notre Terre, de celui que nous voulons pour nous-mêmes, et au-delà pour nos enfants.
Oui, la Terre est en danger. Non pas, en danger de mort, mais en danger d’infirmité.
Si en disant cela, je heurte certains de mes "amis politiques", je leur demande de prendre le temps de la réflexion.
"Il a été exécuté à 2 heures 38 du matin, mais il bouge encore" raillait l’un de mes collègues lors de l’examen du projet de loi au Sénat, à propos d’un amendement dont le but était de m’écarter de l’action.
Piètre Politique que celui qui privilégie l’accessoire à l’essentiel.
Nos concitoyens attendent de la politique qu’elle codifie notre société. L’honneur de la politique est de s’élever, et non pas de se contenter "de petites soupes cuisinées dans de petites arrière-cuisines" comme le disait un jour Philippe Seguin.
Le devoir de la politique est d’intégrer dans des lois à chaque fois que nécessaire l’ardente obligation d’écrire les règles d’un monde où nos enfants, nos petits-enfants auront le droit de vivre. Le Général de Gaulle disait "il n’y a pas de fatalité, il ne saurait y avoir que des renoncements"
Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Il n’est jamais trop tard pour agir en responsables."
11 mai 2008
Monsieur le député de la Manche Guénhaël Huet donneriez vous des OGM à manger à vos enfants et petits enfants?
C'est le procès du siècle qui s'ouvre à Versailles dans les années 2025. Un procès hors norme et hors du commun.
Il s'agit de juger les anciens parlementaires des deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) qui ont voté le texte de loi sur les Organismes Génétiquement Modifiés (ci-après OGM) en 2008, inculpés des chefs d'accusation de crime contre l'environnement et crime contre la santé.
Ces nouveaux crimes ont été définis après la crise de régime institutionnelle provoquée par le scandale des OGM.
Le siège du tribunal n'a pas été choisi par hasard : la salle des séances de l'aile sud du château de Versailles. C'est là que se retrouvent députés et sénateurs lors des révisions constitutionnelles.
Pour la symbolique et pour des questions pratiques, la salle des séances a été spécialement aménagée pour recevoir les centaines d'inculpés, les avocats et les journalistes venus du quatre coins du monde pour suivre ce procès exceptionnel.
Comment en est-on arrivé là?
En début de siècle, sous la pression de l'Union Européenne et sous menace d'amendes, l'Etat français s'est engagé à transposer en droit français deux directives européennes sur les OGM, notamment l'organisation de la cohabitation entre cultures OGM et non OGM.
Un rapport sur les OGM issu du Grenelle de l'environnement publié à le 27 septembre 2007 a servi de base au futur projet de loi.
Quelques propositions ont été mises en avant :
- le principe de précaution,
- le libre choix de produire et de consommer sans OGM,
- la non-brevetabilité du vivant,
- le principe du pollueur-payeur,
- la mise en place d'une Haute Autorité unique donnant des avis au gouvernement sur chaque OGM,
- le principe de transparence,
- ....
Ces propositions ont été confortées par le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy le 25 octobre 2007 dans un discours prononcés à l'issue des premières conclusions du Grenelle de l'environnement, discours dans lequel il déclare : « Je veux revenir sur le dossier des OGM : la vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides ; la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM. »
La messe semblait être dite et le projet de loi sur les OGM, qui devait être discuté successivement devant les deux chambres du Parlement, intégrer ces paramètres.
Pourtant.
En février 2008, le texte est présenté d'abord au Sénat, en première lecture.
Le sénateur UMP de la Manche, Jean Bizet, rapporteur du texte, fait modifier ce dernier dans un sens plus favorable aux OGM. Pas loin de 50 amendements ont été déposés.
Le plus important : « La liberté choix de produire et de consommer sans OGM » devient « la liberté choix de produire et de consommer avec ou sans OGM », ouvrant la possibilité de coexistence entre les cultures OGM et non OGM.
D'autres amendements proposés par le sénateur Jean Bizet créent un nouveau délit, celui de faucheur d'OGM, ou opèrent des changements sur la "Haute Autorité" devenue "Haut Conseil des biotechnologies", composé dorénavant de deux comités composés l'un de
scientifiques (généralement plutôt favorable aux OGM) et l'autre de la société civile (plutôt critique).
le projet de loi sur les OGM en discussion au Sénat
envoyé par francois50300
Ces amendements sont vivement critiqués et inquiètent les sénateurs de gauche et les personnalités proches du dossier.
« Le Grenelle des OGM a été abattu en plein vol » déclare le sénateur vert Jacques Muller dans l'hémicycle du palais du Luxembourg.
Même à droite, certains parlementaires du palais du Luxembourg s'interrogent sur le bien-fondé des OGM. Jean-François Legrand, sénateur du même département que Jean Bizet, et président de la Haute Autorité provisoire sur les OGM, prend des positions défavorables aux OGM, notamment sur le Mon810, ce qui lui vaut des critiques au sein de son mouvement (UMP) et lui coute un poste ministériel (selon des rumeurs).
dossier OGM : les sénateurs Legrand et Bizet s'opposent
envoyé par francois50300
Le texte de Grenelle amendé et vidé substantiellement en première lecture au Sénat arrive en avril à l'Assemblée Nationale dans un climat de tension.
De nombreux amendements sont déposés par les députés de l'opposition, soutenus par des députés UMP.
Un député UMP de la Moselle, François Grosdidier, a dénoncé « l'activisme forcené de la FNSEA et du lobby pro-OGM. » précisant « devant
les doutes scientifiques et les enjeux éthiques, la liberté de vote
s'impose. (...) La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt
actuel des OGM pesticides; (...) sur le contrôle de la dissimination
des OGM, (...) sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM » et fustigeant le texte modifié par le Sénat « sous l'influence des groupes voulant une mise en culture rapide et massive des OGM en France, au mépris de principes affichés. »
Un courrier a été adressé par le député Grosdidier à ses collègues députés UMP, les invitant à ne pas voter le texte.
Mais c'est l'amendement proposé en pleine nuit par le député de la majorité Louis
Giscard d’Estaing, visant à limiter les cultures d’OGM au respect des
filières régionales, qui a suscité le plus de dissensions au sein de
l’UMP.
Cet amendement, vite abandonné par le député après d' "amicales" pressions de ses collègues, est repris avec quelques modifications (amendement 252) par le
député communiste André Chassaigne qui est adopté grâce au soutien de
cinq députés de la majorité, dont deux du Nouveau Centre.
L'amendement 252, modifiant l'article 1 du projet de loi, prévoit que « Les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées “sans organismes génétiquement modifiés”, et en toute transparence ».
Cet amendement protège les territoires sous appellation contrôlée (AOC), les parcs naturels et la filière bio.
Le texte de loi est adopté d'une courte majorité (21 voix) le 9 avril 2008. L'Assemblée Nationale valide la proposition du Sénat concernant la création d'un nouveau délit celui de fauchage et fixe la peine passible de 2 ans d'emprisonnement et
75.000 euros d'amende, pouvant être portée à 3 ans et 150.000 euros
en cas de fauchage d'une parcelle destinée à la recherche.
Cette séquence a été marquée par la polémique entre la majorité parlementaire et la secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, accusée de pas s'être opposée à l'amendement Chassaigne. On ne s'étendra pas sur la déclaration de NKM dans le quotidien Le Monde qualifiant de "concours de lâcheté" et "d'inélégance" l'attitude Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo sur ce dossier, encore moins sur ses excuses publiques, imposées ...
texte sur les OGM en 1ère lecture à l'Assemblée Nationale
envoyé par francois50300
Le mardi 15 avril 2008 le premier ministre de l'époque François Fillon s'est engagé devant le groupe
UMP à revenir sur l'amendement "Chassaigne" lors de la deuxième lecture au Sénat qui devait intervenir dans les jours suivants.
En deuxième lecture, le Sénat a adopté tous les articles votés par l'Assemblée Nationale en première lecture sauf l'article 1 du projet de loi modifié par l'amendement "Chaissaigne", comme le souhaitaient l'UMP et le gouvernement.
A l'article 1 est rajouté la disposition suivante « La définition du « sans organismes génétiquement modifiés» se comprend nécessairement par référence à la définition communautaire.
Dans l'attente d'une définition au niveau européen, le seuil correspondant sera fixé par voie réglementaire, sur avis du Haut conseil des biotechnologies, espèce par espèce. »
Cet amendement vide de l'amendement "Chassaigne" de son sens.
En effet la définition communautaire n'existant pas, la notion sera définie par voie règlementaire, donc favorable aux OGM.
Toujours au Sénat, la tension est montée d'un cran du coté de la majorité parlementaire en début de mois d'avril.
Le sénateur de la Manche Jean-François Legrand, dans un communiqué de presse a dénoncé les attaques dont il a fait l'objet et précise qu'il ne « [participera] pas au débat parlementaire en deuxième lecture au Sénat » sans renoncer au combat contre les OGM.
Un courrier plus véhément a été adressé au président de groupe UMP du Sénat à ce sujet (cf. article de l'Express).
Jean-François Legrand s'est expliqué sur France 3 Basse-Normandie : vidéo suivante à visionner impérativement.
OGM : le sénateur UMP Jean-François Legrand répond
envoyé par francois50300
Le projet de loi modifié et adopté par le Sénat doit terminer sa navette à l'Assemblée Nationale les mardi 13 et mercredi 14 mai 2008.
La loi sur les OGM a définitivement été votée et promulguée en 2008.
Et les premiers effets de cette loi n'ont pas tardé à se faire ressentir.
Au niveau économique et agricole, la filière bio a progressivement disparu du territoire français, les champs "bio" étant pollués par les OGM.
Puis c'est les zones et leurs produits appellation origine contrôlée (AOC) (vins, fromages, ...) qui furent touchées par la dissémination des gènes.
conséquences : perte du label, commercialisation et exportation en baisse, cessation d'activité et chômage.
L'ensemble des parcelles du territoire était contaminées et rien ne pouvait enrayer ou stopper la dissémination OGM, encore moins l'enlever. Les terres étaient biotechnologiquement polluées.
De nombreuses manifestations agricoles paralysèrent l'ensemble du pays pour réclamer des aides d'urgence, manifestations menées par la FNSEA, syndicat de droite majoritaire dans le milieu agricole, alors favorable aux cultures OGM au moment de la discussion du projet de loi.
Signe de changements des mentalités dans le secteur ou pure opportunisme, les résultats des élections aux chambres d'agriculture ont provoqué un séisme dans le landerneau.
Pour la première fois depuis leur création, la totalité des chambres d'agriculture en France ont basculé au profit la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, syndicats marqués à gauche, et anti-OGM.
La situation était devenu critique au niveau agricole. Elle allait l'être davantage sur le plan sanitaire.
La crise du sang contaminé, de la vache folle ou de l'amiante, ... seraient sans aucune mesure par rapport au scandale à venir : la crise humanitaire des OGM.
Dans les années 2015, des pathologies nouvelles et des décès en nombre alertèrent les autorités de la santé. Sans entrer dans les détails, il fut prouver que la consommation d'OGM étaient à l'origine de ces maladies et décès.
Pourtant dans les années 2007, des scientifiques avaient prévenus du danger potentiel des OGM pour la santé. Sans succès.
maïs OGM : attention danger!
envoyé par legislatives07sudManche
Trop tard, les français prirent conscience de leur vulnérabilité alimentaire et sanitaire, et du danger de consommer des aliments contenant des OGM. D'ailleurs, il était dorénavant impossible de manger non OGM.
Dans les principales villes du pays, de nombreuses manifestations, d'ampleurs inégalées, réunirent des centaines de milliers de personnes réclamant l'arrêt des cultures OGM, la prise en charge et le soins des personnes malades et la condamnation des responsables : entreprises de biotechnologie, politiques, ...
La Ve République n'avait pas connue une telle crise politique depuis 1968. Quelques semaines plus tard, elle sombra.
Ironie de l'histoire, née en 1958 de la crise de régime politique liée à la guerre en Algérie, la Ve République était terrassée par une crise liée à l'environnement et sous la pression populaire.
Une nouvelle assemblée constituante fut formée. Un nouveau régime - la VIe République - fût institué avec des changements notables dans les institutions : suppression du Sénat (le général de Gaulle n'y avait pas réussi en 1969) et du premier ministre, renforcement du pouvoir présidentiel avec un rééquilibrage des trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire.
Le référendum d'initiative populaire, initié dans les années 2000 et peu usité en raison de nombreuses contraintes juridiques, est débridé.
Associations, syndicats, groupements de citoyens, organisation non gouvernementales (ONG) peuvent dorénavant y recourir plus facilement.
Rapidement, cette action est exercée par de nombreuses associations et ONG regroupant des millions de
citoyens.
Elles demandent l'inculpation des parlementaires qui ont voté à
l'époque la loi banalisant les OGM.
Les parlementaires protégés par leur immunité ne peuvent être poursuivis pour leurs actions accomplies dans le cadre de ses fonctions : discours,
rapports, votes au Parlement, sauf à voter rétroactivement une loi les déchéants de cette protection.
Mesure exceptionnelle, jamais utilisée, même au lendemain de la libération de 1945, à l'encontre des parlementaires ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940 au motif de la reconciliation nationale.
Il ne fut pas difficile vu le contexte et le climat politique à la nouvelle Assemblée de procéder à cette rétroactivité.
D'ailleurs, très peu de parlementaires de
2008 siègeaient dans la nouvelle Assemblée Nationale.
Les députés ayant voté en faveur de OGM ont été tous sanctionnés à l'élection suivante (2012).
Qu'étaient-ils devenus ces députés locaux évincés avant d'être inculpés?
L'ancien sénateur de la Manche est devenu lobbyiste à Bruxelles pour une entreprise de biotechnologie américaine. Pour éviter l'inculpation, il demanda et obtint la nationalité américaine pour service rendu au pays, et s'y installa.
Quant à l'ancien député du sud-Manche, déchu de tous ses mandats politiques locaux, il est retourné dans Bretagne natale à Locmariaquer (56) où il devint directeur d'une superette.
Il n'a pu éviter, lui, de comparaître au Château de Versailles en tant que justiciable ...
Retour en 2008.
Localement, dans la circonscription d'Avranches-Mortain, la position de nos deux parlementaires UMP face aux OGM peut faire l'objet de quelques remarques.
Rapporteur du texte sur les OGM aux Sénat, initiateur de nombreux amendements pro-OGM, le sénateur de la Manche Jean Bizet, maire du Teilleul, ne cache manifestement pas son soutien à la cause des biotechnologies. Indépendance et intelligence économiques sont ses leitmotifs.
En début d'année, le sénateur Bizet s'était indigné de la décision du gouvernement de ne pas commercialiser le Mon810 suite au rapport de son collègue et non-ami Jean-François Legrand.
Pour M. Jean Bizet « La démagogie l'emporte sur la démocratie.
En s'inclinant devant José Bové et sa grève de la faim, en donnant
crédit à une étude sommaire de Greenpeace, on désavoue le Parlement, le
pouvoir judiciaire et l'expertise scientifique ».
Sa citation "La démagogie l'emporte sur la démocratie" est très étonnante à entendre, car plus de 80% des français ne veulent pas d'OGM dans leur assiette.
Il sera très intéressant de suivre les prochaines élections sénatoriales dans le département en septembre 2008. Le sénateur Bizet remet son mandat en jeu.
Reste à savoir si les grands électeurs auront été séduits par le bilan de l'actuel sénateur, son implication sur les dossiers locaux (ligne THT, centre d'enfouissement, ...), ses prises de position à contre-courant de la population (OGM), ... et le renouvèleront dans son mandat pour sièger au palais du Luxembourg.
Le cas du député (de la Manche)-maire d'Avranches Guénhaël Huet sur le dossier OGM est plus complexe à analyser.
Courant février, le député a reçu des militants anti-OGM à sa permanence à Avranches, en présence de la presse locale.
Il déclare être favorable « sinon à une interdiction définitive, du moins à un moratoire et à des expérimentations dans un périmètre confiné » (Ouest France du 15 février 2008).
« Il est nécessaire de voter la loi mais il faut une garantie de non contamination de l'agriculture biologique (...) le dossier OGM est plein de contradiction » la Manche-Libre du 23 février.
L'article de Ouest-France est repris sur le site internet du parlementaire, cf. ci-après (cliquer sur l'image pour l'agrandir).![]()
A la lecture de ces coupures de presse, on en conclut que le député Huet est contre les OGM (agricoles) sauf à faire des expérimentations en milieu confiné pour éviter la contamination des cultures non OGM.
Lire aussi la réponse apportée par le député Huet sur un blog anti-OGM : ici.
Suite à ces déclarations, on pouvait s'attendre que M. Huet soutienne la proposition de son collègue député UMP François Grosdidier de voter contre le projet de loi sur les OGM amendé par le sénateur Bizet en première lecture à l'Assemblée Nationale.
Tout faux. Lors du vote le 9 avril 2008, le député Huet a voté pour le texte sur les OGM, bien loin du rapport sur le Grenelle de l'environnement comme nous l'avons vu.
Comprenne qui pourra.
Le samedi suivant le vote, j'ai rencontré en ville l'attachée parlementaire du député, Lydie Crespin. Je lui ai fait part de mon étonnement (et je n'étais pas seul) du volte-face du député sur ce dossier.
A Avranches, il est contre les OGM; à Paris, il vote pour.
Ne pouvant me répondre faute d'éléments, elle m'informa qu'elle en discuterait avec M. Huet.
Je la relançais par téléphone dans la semaine. En vain.
Le 22 avril, Ouest-France publie un article intitulé « le député Huet a voté le texte sur les OGM ».
L'article fait suite à l'envoi d'un communiqué de presse du député Huet. Il y explique les raison de son vote au palais Bourbon. Extraits.
- « [il n'est] ni un anti, ni un pro-OGM.
- [Il a] voté en conscience le texte présenté par le gouvernement à l'Assemblée.
- [le texte] est la transcription de directives européennes qui s'imposent à la France, [et qui] interdisent aujourd'hui d'interdire les OGM
- [il reconnait une vertu] incontestable [au texte adopté] : celle d'encadrer ou si l'on préfère, de poser des conditions à la production des cultures d'OGM.
- [il estime que cela constitue] des garanties inspirées du principe de précaution inscrit dans notre Constitution et des travaux du Grenelle de l'environnement.
- [il souligne un point] sur lequel tout le monde est d'accord : il s'agit de la recherche médicale qui permet de mettre au point des médicaments indispensables au traitement des maladies particulièrement invalidantes chez les enfants, telle la muciviscidose. [Il s'interroge aussi sur le rôlre des OGM pour lutter contre la fin dans le monde.
- [autant d'argument qui l'on fait se prononcer] sur des raisons plutôt que de me perdre dans des passions »
Si effectivement nul ne conteste les expérimentations OGM à but médical qui sont réalisés à l'intérieur de laboratoires (et qui ne doivent pas justifier à ce titre le tout OGM), le problème se pose concernant la culture d'OGM en plein-air dont tout le monde connait leur capacité à contaminer les cultures non-OGM.
Le texte voté par le député ne garantit pas la protection biologique des plantations non-OGM sinon la responsabilité juridique en cas de contamination.
Mais dans cette dernière hypothèse, le mal sera fait.
Autant on peut, souvent avec difficulté, dépolluer des plages souillées de pétrole, allez décontaminer des champs infestés d'organismes (microscopiques) génétiquement modifiés! Un peu comme si vous aviez dû dépolluer un champs devenu radioactif après le passage du nuage de Tchernobyl en 1986. Impossible.
Alors comment expliquer le rétropédalage du député? Pression de son mouvement politique, lobbying du sénateur Bizet (cf. photo à droite) ? Les deux?
Pour info, j'ai souhaité obtenir une copie du communiqué de presse auprès de la permanence. Je l'attends toujours.
Je remarque qu'il est plus facile d'obtenir des communiqués de presse de députés (François Grosdidier) ou sénateurs (Jean-François Legrand) d'autres circonscriptions que celle d'Avranches.
Question transparence le député Huet peut mieux faire.
Je devrais pourtant me consoler; les rédactions des hebdomadaires la Manche-Libre et la Gazette de la Manche ne semblent pas avoir été destinataires de ce communiqué; Ouest-France s'assurant de la quasi exclusivité.
Le fameux communiqué de presse peut-être lu sur le site internet de la publication l'Agriculteur Normand : ici [MAJ 13 mai 2008]
Demain, mardi 13 mai 2008, le texte sur les OGM amendé en deuxième lecture par le Sénat arrive en deuxième lecture à l'Assemblée Nationale. Pour un vote mercredi 14.
Le texte sera-t-il voté en l'état? Peut-on s'attendre à une réaction ou à une prise de conscience des députés de la majorité.
Rappelons que seulement 21 voix ont manqué pour empêcher le vote du texte en première lecture.
Pour conclure, une vidéo fort instructive réalisée par le site d'infos Bakchich : une journaliste interroge les députés à l'Assemblée Nationale en leur demandant « s'ils donneraient des OGM à manger à leurs enfants? » ...
"Donneriez-vous cet OGM à vos enfants ?"
envoyé par bakchichinfo
Et vous Monsieur le député Huet, donneriez vous des OGM à manger à vos enfants et petits enfants?
09 mai 2008
une marche pour un monde sans nucléaire passe à Avranches
Une marche pacifiste et anti-nucléaire (footprints for peace) est partie de Londres le 26 avril pour se rendre à Genève le 16 juillet, au siège de l'organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette action a pour but de dénoncer un accord passé entre l'organisation mondiale de la santé et l'agence Internationale de l'énergie atomique (AIEA) par lequel les instances mondiales de la santé s'engagent à soumettre les enquêtes de santé publique qui pourraient nuire au lobby nucléaire au contrôle et à l'approbation de l'AIEA.
Cette marche traversera la France et passera à Avranches le 12 mai (lundi de Pentecôte)
Attac sud-Manche et Manche sous tension invitent les habitants d'Avranches à venir nombreux accueillir et encourager les marcheurs qui arriveront à Pont-Gilbert (près de la gare SNCF) vers 17h30.
Les marcheurs rejoindront le centre-ville pour marquer leur opposition à une relance suicidaire de la prolifération nucléaire, avant de se retrouver dans les jardins de "cacao", rue Boutonnière, où un buffet de l'amitié sera proposé.
(source : communiqué de presse)
infos :
- contacts locaux :
02.33.58.13.33
02.33.68.33.96 - internet :
footprints for peace
réseau sortir du nucléaire
Manche sous tension
Attac
OMS
AEIA
communiqué de presse complet + RDV à Avranches + les étapes de la marche Londres-Genèves
une marche anti-nucléaire Londres-Genèves passe par Avranches (50) - Upload a doc
20 avril 2008
3ème tour des élections municipales à Chevreville (50)
Les 168 électeurs de la commune de Chevreville (50) sont appelés à voter une troisième fois cette année pour élire leur conseil municipal.
On
se rappelle que cette localité du sud-Manche avait boycotté les deux tours des élections
municipales et des cantonales en mars dernier pour s'opposer au manque de transparence de
Réseau de Transport d'Electricité (RTE) concernant la ligne Très Haute Tension (THT), Cotentin-Maine de 400.000 volts, qui doit traverser la commune.
Chevreville semble être la seule commune en France à n'avoir ni maire, ni conseil municipal.
Cette situation paralyse aussi la communauté de communes de Saint Hilaire-du-Harcouët, récemment renouvelée. La nouvelle assemblée issue des élections de mars ne peut être convoquée en l'absence des élus de Chevreville.
Pour s'occuper des affaires courantes, la Préfecture de la Manche a formé une délégation spéciale composée de deux fonctionnaires de l'Etat.
Situation provisoire. De nouvelles élections devant être organisées (aujourd'hui) pour rétablir le fonctionnement des institutions sous menace de sanction : la fusion de la commune récalcitrante à une autre (on parle de Parigny).
Les 168 électeurs vont-ils une nouvelle fois défier l'Etat, ce que nous verrons ce soir.
Les résultats du scrutin en fin de soirée sur le blog avec peut-être des images de France 3.
Les électeurs se sont déplacés, a priori, nombreux ce jour.
Je n'ai pas encore connaissance des résultats.
Un seul tour suffira-t-il ou non pour former le conseil municipal de Chevreville?
En attendant, il est possible de visionner la vidéo en fin d'article. Marie-Pierre Gressant, journaliste de France 3 Basse-Normandie, interviewe Hervé Gaté, porte parole de l'association "THT, touche pas à Chevreville". Il explique pourquoi l'association n'a pas appelé au boycott sur ce scrutin. [mis à jour à 20h30]
Deux listes étaient en présence pour conquérir les 11 postes de conseillers municipaux.
La liste des conseillers sortants a été laminée par la liste adverse. Il est fort probable que la liste sortante ait été sanctionnée par les électeurs - qui se sont déplacés nombreux - au regard de la situation actuelle.
Seulement 10 postes de conseillers municipaux ont été pourvus. Un deuxième tour sera nécessaire dimanche prochain pour désigner le 11ème.
les résultats du 1er tour - dimanche 20 avril 2008 :
inscrits : 176
votants : 146 (83%)
abstention : 30 (17%)
exprimés : 146
sont élus : Sylvie Dreux 93 voix, Bruno Denolle 89, Stéphane Delaunay 87, Philippe James 87, Alain Gaté 85, Daniel Lair 83, Gilbert Daniel 82, Thierry Passagez 81, Louis Bagot (conseiller sortant) 78 et Marc Gobé (conseiller sortant) 76.
source : Ouest-France du 21/04/2008 [mis à jour le 21/04/2008 à 12h30]
dossier spécial Chevreville sur ce blog : Chevreville anti-THT
vidéo #1 : annonce des élections à Chevreville
source : France 3 Basse-Normandie, dimanche 20 mars 2008, édition de 12h00
3e tour des municipales à Chevreville (50)
envoyé par francois50300
vidéo #2 : le vote à Chevreville. Interview d'Hervé Gaté, porte parole de l'association "THT, touche pas à Chevreville".
source : France 3 Basse-Normandie, dimanche 20 mars 2008, édition de 19h00
la commune de Chevreville (50) vote enfin
envoyé par francois50300
15 avril 2008
le tracé de la ligne THT Cotentin-Maine validé par le gouvernement
A l'instar de la construction de la centrale nucléaire troisième génération dite EPR à Flamanville, le projet de ligne électrique Très Haute Tension (400.000 volts), qui doit connecter ladite centrale à la région Pays-de-Loire destinataire de l'énergie produite, avance doucement mais surement.
Pour preuve, le projet « Cotentin-Maine » a passé une nouvelle étape de la longue procédure conduisant inéluctablement à la construction de la ligne.
Vendredi 11 avril, le ministre de l'environnement, de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'aménagement du Territoire et celui de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi ont validé le tracé de la future ligne électrique établi par RTE (Réseau de Transport d'Electricité), promoteur et futur gestionnaire.
Le scénario, de moindre impact, retenu par le gouvernement confère à la ligne les caractéristiques suivantes : elle traversera 74 communes dont 50 dans la Manche et le reste en Mayenne et
Ille-et-Vilaine (la liste des communes prochainement sur le blog) sur une longueur de 160 km et sur une emprise d'un km de large. Cette emprise sera réduite à 200 m dans les mois qui viennent. 300 pylônes et deux postes électriques (à l'extrémité de la ligne) devraient être construits pour un coût global de 240 millions d'€.
Lancée fin 2006, la procédure et la construction de la ligne THT doit se clore fin 2011-début 2012, période à laquelle la centrale EPR entrera en production, soit 5 années d'études, de concertation, d'enquêtes et de construction.
Rappelons rapidement les principales étapes de la procédure, son calendrier et la situation actuelle :
Les principales étapes de la procédure :
1. La concertation.
Elle se déroule sous l'égide des Préfets de département, et prend la forme de réunions associant les services de l'Etat, les élus et les associations représentatives des populations concernées, et le maître d'ouvrage. Elle vise à définir les caractéristiques et les mesures d'insertion environnementales et d'accompagnement du projet, ainsi qu'à apporter une information de qualité aux populations concernées par le projet.
La première phase porte sur la présentation du projet et la délimitation de la zone de recherche d'un site ou d'un cheminement (dénommée "aire d'étude"), qui doit être suffisamment large pour n'écarter aucune solution.
La seconde phase consiste à identifier et hiérarchiser les sensibilités environnementales à l'intérieur de cette aire d'étude, à présenter les différents partis envisageables et à choisir un parti au sein duquel sera déterminé le fuseau de moindre impact pour la ligne et les emplacements envisagés pour les postes.
2. L'étude d'impact.
A partir d'une analyse de l'état initial du site et de son environnement (milieux naturels, espaces agricoles, forestiers, maritimes, de loisirs et également patrimoine culturel, habitat…), l'étude d'impact évalue les effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur l'environnement.
Elle présente ensuite les raisons pour lesquelles le projet présenté a été retenu, notamment du point de vue des préoccupations d'environnement, ainsi que les mesures envisagées pour supprimer, réduire et si possible compenser les effets du projet sur l'environnement.
La publicité de l'étude d'impact est assurée grâce à l'enquête publique. En outre, RTE publie désormais sur son site Internet les études d'impact des projets de construction de lignes électriques à très haute tension. L'étude d'impact est accompagnée d'un résumé non technique, qui en facilite la prise de connaissance par le public.
3. La demande de Déclaration d'Utilité Publique.
La DUP a pour objet d'affirmer le caractère d'intérêt général d'un projet de ligne ou de poste électrique.
La demande de DUP est instruite par la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), par délégation du Préfet. Elle comporte une consultation des maires et des services de l'Etat ainsi qu'une enquête publique préalable, organisée dans les communes concernées. Diligentée par un commissaire enquêteur ou par une commission d'enquête désigné(e) par le Président du tribunal administratif, cette enquête d'une durée minimale d'un mois, permet de tenir le public informé du projet et de recueillir ses observations.
A l'issue de l'enquête, le commissaire enquêteur (ou la commission d'enquête) rédige un rapport qui relate le déroulement de l'enquête puis donne un avis personnel et motivé sur le projet. Le dossier complet de l'enquête est adressé au préfet qui le transmet à RTE pour réponses aux observations du public et du commissaire enquêteur.
4. L'élaboration du projet de détail
RTE élabore le projet de détail de l'ouvrage, en liaison notamment avec l'Administration, les communes concernées et les chambres d'agriculture. Il engage ensuite avec les propriétaires et les exploitants un dialogue destiné à permettre de dégager, dans toute la mesure du possible, un consensus sur le tracé de détail des lignes et l'emplacement exact des postes.
le calendrier prévisionnel :
La situation actuelle :
Après la validation par le gouvernement du fuseau, le projet entre désormais dans une nouvelle phase (définition précis du tracé (emprise de 200m), études d'impact) qui sera au deuxième semestre 2008 soumis à déclaration d'utilité publique et clôturé par une enquête publique.
Le projet de ligne THT a fait l'objet de multiples critiques et oppositions.
Tout d'abord des anti-nucléaires ou anti-EPR, hostiles par principe à toute énergie d'origine atomique (pour des motifs de sureté (syndrôme Tchernobyl ou Three Miles Island) et d'environnement (cf. déchets)) et par conséquence aux moyens d'acheminement de cette énergie.
Ensuite des collectifs anti-THT qui, sans être a priori contre l'EPR, ne souhaitent pas voire leur commune ou leur propriété traversée par une ligne électrique de 400.000 volts; préconisant pour certains la construction d'une centrale nucléaire sur le lieu de consommation et non à 160 km de distance.
Si la majorité des communes concernées par le tracé semble s'être
résignée, ce n'est pas le cas pour Chevreville, petite localité du
sud-Manche située sur le canton de Saint-Hilaire-du-Harcouët, qui a
fait l'actualité en boycottant les dernières élections communales et
cantonales en mars dernier.
Encore que.
Vu l'activité du blog de l'association anti-THT de la commune - quelque peu atone depuis deux semaines - , je me demande si un certain découragement de ses membres ne se fait pas ressentir.
Il est vrai que les dernières nouvelles du front ne sont pas réjouissantes.
Leur demande d'enfouissement de la ligne relayée par le député local Guénhaël Huet à l'Assemblée Nationale a été enterrée en bonne et due forme.
A cette question posée le 25 mars au matin dans l'hémicycle du Palais Bourbon, le secrétaire d'Etat chargé de l'aménagement du Territoire Hubert Falco - le ministre de l'environnement Jean-Louis Borloo n'ayant pas fait le déplacement, ce qui est un signe - a répondu :
« (...) L'enfouissement des lignes à très haute tension sur des distances supérieures à quelques kilomètres présente des contraintes techniques et financières très lourdes et reste donc exceptionnel. (...)
Le préjudice visuel dû à la présence de ces ouvrages fera également l'objet d'un traitement spécifique et RTE proposera aux habitants situés à proximité de l'ouvrage de limiter la gêne visuelle par des plantations végétales ou d'autres mesures palliatives. Ce préjudice visuel sera également indemnisé. »
La réponse n'a semble-t-il pas satisfait le député. Comment pourrait-il en être autrement?
J'ai bien l'impression que le secrétaire d'Etat s'est un peu moqué du député en évoquant la solution des plantations végétales pour limiter la gêne visuelle.
Il faut savoir que les pylônes nécessaires pour porter les câbles THT, espacés de 500 mètres en moyenne, sont d'une hauteur de 45 à 65 m.
Vous avez déjà vu des plantations végétales de 45 m de haut dans le département?
N'étant pas spécialiste es botanique, quelques recherches sur internet m'ont permis de constater qu'il n'existait peu d'arbres en France d'une hauteur si importante.
Au cas contraire, RTE planterait-il autour de ses pylônes des plantations d'une hauteur équivalente?
La tempête de 1999 est restée dans toute les mémoires, notamment d'EDF à l'époque gestionnaire des infrastructures électriques (RTE a été créé en 2000), partiellement détruits par le vent et les chutes d'arbres ou branches.
N'oublions pas que montant total du projet de la ligne Cotentin-Maine est au minimum de 240 millions d'euros et qu'elle alimentera en électricité des milliers d'habitations et entreprises ...
Et la décision gouvernementale de vendredi validant le fuseau passant par Chevreville a porté l'estocade.
La messe est dite.
Les habitants de Chevreville n'ont plus que leurs yeux pour pleurer et retourner aux urnes prochainement pour élire leurs conseillers municipaux.
L'absence d'élus à Chevreville n'est pas sans conséquence sur les institutions locales. Une délégation spéciale a du être mise en place pour gérer les affaires courantes de la commune et à l'échelon supra-communal, cet état de fait a perturbé le fonctionnement de la communauté de communes de Saint-Hilaire-du-Harcouët.
En effet, faute d'élus chevrevillais, la collectivité cantonale n'a pas pu règlementairement se réunir avec les délégués communautaires issus des élections de mars.
Avec la situation cocasse de convoquer l'ancienne équipe - dont le président Michel Ganné a été défait de l'ensemble ses mandats aux dernières élections - pour voter le budget primitif, celui-ci devant être adopté avant le 15 avril.
Pour finir sur Chevreville, plusieurs réflexions m'ont été portées à ma connaissance depuis de nombreux mois que je livre telle quelle.
La solidarité entre communes concernées par les fuseaux s'est vite fissurée avec l'avancée du projet. Celles épargnées par le tracé faisant le gros dos, bien heureux que le fuseau passe chez le voisin.
Les habitants de Chevreville auraient-ils déployé autant d'énergie si le tracé s'installait sur la commune à coté de la leur?
Par ailleurs, les résultats du premier tour des élections présidentielles en avril 2007 interrogent.
On m'a fait remarquer, à juste titre, que les électeurs de Chevreville n'ont pas particulièrement porté leurs suffrages sur les candidat(e)s anti-nucléaires. Au contraire.
Un exemple Dominique Voynet, la candidate des Verts, n'a obtenu aucune voix alors que d'autres candidats pro-nucléaires ont obtenu de nombreux suffrages. (cf. élections présidentielles à Chevreville).
Un vote massif au premier tour pour des candidats anti-nucléaires auraient donné un signal fort aux pouvoirs publics concernant le projet THT Cotentin-Maine.
Comment être crédible par la suite.
Le sénateur-maire du Teilleul Jean Bizet, au lendemain du premier tour déclarait quelque peu ironiquement dans le quotidien Ouest-France : "Pour moi les grands perdants sont les écologistes. nous aurions pu
penser que l'EPR et la ligne très haute tension leur apporteraient des
voix. Ce n'est pas le cas. J'en déduis que notre région s'est ainsi
prononcée pour le saut technologique".
Il y a-t-il une morale à tout cela?
Peut-être. Celle de réfléchir, lors des prochains scrutins, à deux fois avant de déposer un bulletin de vote dans une urne ...
sources : sites internet :
- ligne Cotentin-Maine
- RTE
- Préfecture de la Manche
- THT, touche pas à Chevreville
vidéo : validation par le gouvernement du tracé de la future ligne THT (source : France 3 Basse-Normandie, édition vendredi 11 avril 2008)
le tracé de la ligne THT validé par le gouvernement
envoyé par francois50300
09 avril 2008
Assemblée Nationale : le député UMP Guénhaël Huet a voté pour le texte sur les OGM
Cet après midi, à l'Assemblée Nationale, les députés ont adopté à une courte majorité (21 voix) en première lecture le texte de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés.
Le texte fixe les règles en matière de «coexistence» des cultures et institue un «délit de fauchage» passible de 2 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, la peine étant portée à 3 ans et 150.000 euros en cas de fauchage d'une parcelle destinée à la recherche.
Les anti-OGM, ces derniers jours, ont marqué quelques points, avec l'aide d'une poignée de députés de la majorité. Ils ont notamment imposé aux cultures transgéniques le respect «des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales sans OGM», par un amendement du député communiste André Chassaigne. Mais le premier ministre François Fillon s'est engagé mardi devant le groupe UMP à revenir sur cet amendement lors de la deuxième lecture au Sénat. (source le Figaro)
Le député UMP de la Manche, circonscription Avranches-Mortain, Guénhaël Huet a voté en faveur du texte sur les OGM.
Nous reviendrons sur ce vote dans un tout prochain billet.
le vote (source : Assemblée Nationale)
Nombre de votants : 518
Nombre de suffrages exprimés : 477
Majorité absolue : 239
Pour l’adoption : 249
Contre : 228
groupe UMP (316 députés)
pour : 245 dont Guénhaël Huet, député de la Manche
contre : 10
abstention : 31
non votants : 4
groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (205 députés)
contre : 190
groupe gauche démocrate et républicaine (24)
contre : 23
groupe nouveau centre (22)
pour : 4
contre : 1
abstention : 10
non votants : 1
députés non inscrits (7)
contre : 4