Il était plutôt déconseillé de venir au Mont-Saint-Michel samedi dernier dans la matinée.
IMG_4299Une manifestation a provoqué pendant quelques heures d'importants ralentissements à l'entrée de la digue au lieu-dit la Caserne à Ardevon générant des bouchons jusqu'à Pontorson distante d'une dizaine de kilomètres.

Environ 250 personnes ont répondu à l'appel de l'association des amis du barrage, essentiellement des riverains, pêcheurs et même le petit-fils d'Albert Caquot le constructeur des deux barrages (Vezins et la Roche-qui-Boit) voués à l'arasement.
C'est cette destination fatale que l'association souhaite éviter et sensibiliser.

Le choix du Mont-Saint-Michel n'est pas fortuit. Outre le caractère symbolique du lieu et l'effet perturbateur de l'action en pleine saison estivale et donc touristique, le Mont-Saint-Michel et sa baie sont à l'embouchure de la Sélune, le cours d'eau où se trouvent les deux installations hydroélectriques.
La présidente de l'association Jocelyne Marquer alerte sur la pollution prévisible de la baie en cas de destruction des deux ouvrages; ces derniers retenant actuellement les sédiments pollués en amont.

IMG_4320De nombreux élus étaient présents dans le cortège. Les conseillers généraux Philippe Bas (canton de St Pois et ancien ministre de la santé), Gérard Dieudonné (canton de la Haye-Pesnel) et Louis Desloges (canton d'Isigny-le-Buat).
On mentionnera la présence surprenante élus autrefois à la pointe de la contestation puis rentrés dans le rang avant de revenir sur le devant de la scène : Guénhaël Huet, le député-maire d'Avranches et Eric Goupil, le maire de la commune-canton d'Isigny-le-Buat.

Flashback. Le 13 novembre 2009 le ministère de l'écologie a acté pour l'effacement des deux barrages sur la Sélune, en ne renouvellement pas leur concession à EDF, au motif que ces ouvrages empêchent la migration des poissons (notamment des saumons) alors que le cours d'eau est classé comme tel. Imparable.
La décision a été confirmée par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, à Guénhaël Huet et Eric Goupil lors d'une audience à Paris un mois plus tard le 10 décembre 2009.
Depuis, silence radio. Ces deux élus précités n'ont plus donné aucun signe, attitude largement critiquée par les pro-barrages (voir la vidéo).
Comment expliquer leur retour?
Le député depuis son élection cumule les échecs sur l'ensemble des dossiers locaux qu'il a eu à gérer (ligne THT Cotentin-Maine, fermeture des tribunaux et collèges, CET de Cuves, ...). Comment qualifier son bilan à mi-mandat sinon de catastrophique.
Son récent camouflet concernant la ligne THT (l'enfouissement partiel et l'étude épidémiologique non retenu par les pouvoirs publics) l'oblige a revenir sur la scène pour tenter de redorer son blason.
IMG_4330Et comme à Chevreville et autre réunion, le député souligne dans un discours bien rodé, bien démagogique et néanmoins peu convaincant : «il faut rester mobilisé», «il y a un espoir, un petit espoir» «la pire des choses que l'une ou telle personne s'en prenne à un élu» «C'est ce que l'Administration souhaite : qu'il y ait une fissure, une brèche entre la population et les élus» «il y a d'autres actions qui peuvent être menées»... Sur ce dernier point les associations anti-THT attendent encore sa manifestation prévue avant l'été (lire ici).
Quant à Eric Goupil, sa présence lors des dernières élections régionales sur la liste de Jean-François Legrand, favorable à la suppression des barrages, fait encore étonner sur son come-back à la manifestation.

Le combat des pro-barrages semble perdu d'avance.
Si la cause est entendue juridiquement, seules des questions financières pourraient encore suspendre ou annuler l'arasement des barrages.
A suivre.


sites et liens internet utiles :

 


vidéo : la manifestation du Mont-Saint-Michel


François Groualle / avranches infos
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